Comment développer son talent d’écriture ?

Pour devenir un auteur à succès, il faut comprendre une chose : devenir auteur c’est devenir un héros ! Le voyage de notre héros ou de notre héroïne est un voyage parallèle au nôtre. Un héros passe des épreuves et se relève, il dérouille tellement que le lecteur soutient son ascension avec toute la force de conviction dont il est capable

L'écrivain doit-il se raccrocher à une formation ?

Pourquoi se former en écriture alors qu’on a tous les cours possibles à portée de main sans débourser un rond ? Depuis que j’ai démarré ce blog j’ai bien tâtonné. Et dans mes coups de déprime, j’avais toujours une super nana qui, avec talent, sincérité et conviction, me proposait l’aventure de ma vie dans une super formation en écriture. Bien sûr, on a tous besoin de se former tout au long de notre vie. Mais je pense que me raccrocher à quelqu’un qui me semble plus capable que moi, n’est pas la meilleure façon d’avancer dans mon initiation. Entre soutien et dépendance, la marge est toujours délicate.

l'écriture est une musique
Le talent d'écriture est une musique qui se joue en nous tous

L’auteur a-t-il intérêt à compter sur lui-même ?

Me sentirais-je plus capable en suivant une formation ? Tout dépend du chemin parcouru. Apprendre à puiser « la force qui est en nous » revient à compter sur notre potentiel, et à le développer. Si je prends mon exemple, j’ai mis une éternité à comprendre qu’une formation ne changerait pas mon sentiment d’incapacité trouble et sans fondement que je rumine. C’est rarement son rôle, même si le marketing de cette dite formation nous assure du contraire. Certains formateurs avouent que 90 % de leurs inscrits abandonnent rapidement. Ils ont beau être les plus motivants du monde et nous offrir une super méthode, la plupart d’entre-nous espérons secrètement que leur formation fera le boulot à notre place.

Alors, comment se raccrocher à soi ?

Ceci étant dit, la grande question serait : qu’est-ce qu’on fait pour se raccrocher à soi-même ?  On change radicalement de point de vue. On apprend à se manipuler et on se raccroche aux vertus de l’héroïsme dont nous sommes tous dotés. La capacité à se soutenir soi-même est l’élément incontournable qu’il nous faut développer. Cette capacité à croire en notre héroïsme est la seule véritable clé de notre talent ! Bon, si vous avez lu mon bonus, vous avez déjà une idée et, je l’espère, une pratique de votre talent d’écriture. Maintenant, moi, j’en suis à cette étape redoutable (en apparence) du PLAN.

Comment se raccrocher à un plan avec peps ?

Un bon roman ne peut s’en passer. Alors, si vous rêvez, comme moi, d’écrire un best-seller, y a pas à tortiller, il faut en passer par là. Créer un plan n’est pas une étape sans vie où nos personnages sont épinglés au mur comme des poupées de chiffon. Non, je dis « une étape redoutable en apparence » car j’imaginais cette épreuve comme une mort émotionnelle. Après des années d’écriture fondée sur le plaisir et l’insouciance (la fameuse immersion dont je parle dans mon bonus), je découvre que l’incontournable plan d’un roman est une phase méga excitante ! Si si, je vous assure. Et je vais vous le prouver !

Faire le plan de son histoire est une étape méga-excitante. Mais seulement quand on est prêts !

Comment fonctionne un roman ?

Avant de s’éclater à écrire un plan, il vaut mieux d’abord s’éclater à inventer son histoire. Quelle que soit la forme que nous sommes capables de lui donner, nous aurons matière à remplir les étapes de notre plan. Je rappelle brièvement qu’une histoire met en scène des personnages, et que l’auteur les mène d’un point A vers un point Z en passant par un labyrinthe savamment construit par la suite.  Notre rôle est de les obliger à faire quelque chose. Finalement, cela revient à dire qu’un romancier opère une manipulation mentale sur des personnalités distinctes.

Quelle est la fonction du récit ?

Tout romancier qui se respecte devrait donc manipuler des émotions et des opinions de départ pour les faire évoluer (ou pas, selon le sens de son propos). Mais, attention ! Un écrivain de talent sait une chose que peu d’entre-nous comprennent : si quelqu’un doit grandir, dans son histoire, ce sera son lecteur. Et pour réussir cet exploit, il devra faire appel à des sentiments puissants tels que le rejet ou l’empathie. La fonction du récit consiste à nous faire grandir ou à nous aider dans l’interprétation de notre monde, à apprivoiser nos émotions et à donner du sens aux évènements que nous vivons.

La technique du changement

Une histoire a un point de départ et un point d’arrivée autour d’un pilier central (le protagoniste). Ceci étant dit, prenons le point de vue d’un auteur qui crée un héros changeant de personnalité au cours de son histoire. Il doit alors travailler la trajectoire d’un héros qui évolue. Ce changement opère comme un voyage intérieur. La technique de faire évoluer un autre personnage proche du héros est une variante narrative. Cet « autre » provoque une telle influence sur le héros que le changement tant attendu opère : c’est le moment clé du récit

changement
Le changement trajectoriel du personnage est comme un voyage intérieur (photo Gerd Altmann)

La puissance du héros

Pour en faire un outil puissant, l’auteur doit pousser le lecteur à s’identifier aux personnages en les faisant bien dérouiller avant la ligne d’arrivée, s’ils y arrivent.

En résumé, si un auteur décide de créer un héros qui change de caractère et d’opinion, il doit miser sur la création d’une grande trajectoire interne (psychologique) qui permet au lecteur d’adhérer aux valeurs de ce changement et à l’objectif qui s’y raccroche.

La démonstration de Derren Brown

l'univers mental
Un écrivain est un véritable manipulateur (photo Jonny Lindner)

Maintenant, je vais vous parler du travail de Derren Brown,

le mentaliste et hypnotiseur anglais.

Quel rapport avec l’auteur d’un roman, me direz-vous ?

Je dois déjà vous prévenir que je mélange allègrement écriture de roman et de scénario. La confusion aujourd’hui est d’ailleurs monnaie courante. Nous baignons dans la culture des vases communicants ! Je vais analyser pour vous “Sacrifice”, un reality show où Derren Brown donne carrément un cours sur la création d’une histoire à sensation et joue son meilleur rôle d’auteur : celui du manipulateur d’émotions.

(Voir l’analyse complète dans mon précédent article) 

Dans ce documentaire magistralement scénarisé, Derren Brown sélectionne un candidat américain aux opinions bien arrêtées sur les immigrants mexicains. Par un tour de passe-passe qu’on peut sans hésiter qualifier de manipulation psychologique poussée, l’illusionniste parvient à reprogrammer les opinions de son candidat jusqu’à l’issue annoncée. Dans une mise en scène digne d’une superproduction hollywoodienne, le pauvre cobaye se prend une balle à la place d’un sans-papiers. Les émotions sont bien au cœur de cette démonstration.

Comment créer un héros

Derren Brown fait d’un homme un personnage, rien que ça ! Alors qu’il affiche une parfaite empathie envers sa victime parfaite, il démontre que nos pensées et convictions ne sont qu’un ramassis confus d’opinions infondées. Et qu’une action ciblée sur la conception que nous avons de nous-mêmes, de notre propre image, permet de transformer radicalement le regard que nous portons sur le monde et les autres. En fait, nos opinions sont fondées sur les histoires que nous nous racontons, et nous croyons dur comme fer qu’elles nous définissent. Voilà bien l’erreur commune qui nous emprisonne !

Derren nous fait un cours magistral sur une application pratique de son talent. Il prend un point de départ (un candidat aux forts préjugés d’appartenance), annonce son intention (« Je veux créer un héros ») et démontre les mécanismes de sa fabrication. J’ai trouvé sa démonstration géniale ! C’est comme dans son spectacle « Miracle », il nous démontre que notre méconnaissance des mécanismes du présent — dont nous sommes en réalité les seuls dépositaires — nous empêche d’apprécier toute la puissance de notre mental.

La puissance du présent
Notre dissociation avec le Présent (photo de Gerd Altmann)

À la recherche de notre héroïsme

Comme tout bon auteur, Derren Brown a une intention de départ : nous démontrer que nous vrillons continuellement entre passé et futur sans concevoir notre juste appartenance au seul moment présent. Maîtrisant cette intention forte de nous faire évoluer, il parvient à nous  entraîner avec passion dans le voyage de son héros auquel nous nous identifions. Pour moi, Derren Brown est un grand conteur qui maîtrise la puissance du récit et démontre que la manipulation mentale est la clé du succès de l’auteur.

L’héroïsme est une vertu supérieure incarnée à l’origine par le demi-dieu (définition mythologique du héros), mais l’homme peut lui aussi aspirer à ce statut. Le culte du héros demeure toujours aussi essentiel pour nous aujourd’hui. Et le grand talent de Derren Brown est de nous prouver que nous le sommes tous. Il expose les mécanismes du devenir d’un héros. Concrètement, il plante les graines du changement. Il répond aux aspirations profondes qui nous animent  de devenir notre héros (réfléchissez bien avant de vous dire « non, pas moi »).

Devenez l’auteur-héros auquel vous aspirez

Ce moi-héros n’est autre qu’un soi complet, débarrassé de ces histoires qui nous forcent aux jugements erronés que nous nous racontons sur nous-mêmes et sur les autres.

Pour devenir un auteur à succès, il faut comprendre une chose : devenir auteur c’est devenir un héros ! Le voyage de notre héros ou de notre héroïne est un voyage parallèle au nôtre. Un héros passe des épreuves et se relève, il dérouille tellement que le lecteur soutient son ascension avec toute la force de conviction dont il est capable.

Un auteur parcourt les mêmes chemins, tombe dans les mêmes pièges et dégringole des montagnes entières. S’il a conscience que son intention n’est autre que d’atteindre son statut d’auteur-héros, il gravira chaque parcelle de cette montagne avec toute la puissance nécessaire pour relever le défi. Pour la simple et bonne raison qu’il aura compris l’enjeu du voyage.

C’est seulement à ce moment là qu’il comprendra l’importance de la carte. Ainsi, son excitation d’y voir l’emplacement du trésor chaque fois qu’une épreuve le terrasse, provoquera une telle montée d’adrénaline qu’il remontera en selle et continuera le voyage jusqu’au bout.

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À  tout de suite 🙂

Secrets d’écrivain enseignés par Derren Brown

Dans « Sacrifice », un reality show d’envergure, Derren Brown opère une véritable manipulation mentale sur un individu lambda qui répond à deux critères essentiels : ses préjugés d’appartenance à un groupe et sa capacité d’empathie. On est en plein dans le « récit de caractère »

Nos rêves d'héroïsme

Qu’est-ce que l’héroïsme ? Comment devenir un héros ou, pour être plus précis, comment devenir ce héros dont nous rêvons ? Comment devenir notre propre héros ? Cet être unique à qui nous confierions notre vie en toute confiance. Bref, comment devenir ce soi complet, à défaut d’être parfait, que nous aimerions inconditionnellement ?

Comment devenir un héros ?

Dans la définition de l’héroïsme, converge un lien intrinsèque entre humanité et divinité. La première étape pour devenir un héros passe par la déconstruction de nos convictions nées des histoires qu’on se raconte depuis notre plus tendre enfance et qui n’ont cessé de s’affirmer tout au long de la vie. Elles se basent sur l’amour reçu, l’éducation, les jugements et opinions extérieurs, le regard de l’autre. Elles forgent l’opinion que nous avons de nous-mêmes et s’intègrent si bien à notre système de valeurs qu’elles nous définissent.

Cependant, si nous voulons réaliser nos rêves, il est nécessaire de « lâcher l’histoire » afin de nous permettre de vivre celles que nous désirons. C’est le grand principe d’une histoire et Derren Brown nous en fait la démonstration.

Sacrifice, ce film dont vous êtes le héros

Créer un héros
Documentaire de Derren Brown. Une production Netflix

Dans Sacrifice“, ce reality show d’envergure, Derren Brown opère une véritable manipulation mentale sur un individu lambda qui répond à deux critères essentiels : ses préjugés d’appartenance à un groupe et sa capacité d’empathie.

On est en plein dans le « récit de caractère » où l’auteur choisit un trait de caractère à faire évoluer chez son héros, et une qualité qui lui permettra d’opérer ce changement.

Comme dans tout bon roman de caractère qui se respecte, c’est un homme ordinaire au départ de l’aventure. D’ailleurs, Derren Brown fait de son film un cours magistral sur les mécanismes de base d’un bon scénario.

Comment créer un héros ?

Tout commence par un gros mensonge. Derren organise un casting et trouve son candidat idéal qui pensera être sélectionné avec six autres élus (qu’il ne verra jamais puisqu’il est en réalité le seul cobaye !) pour participer à une expérimentation pilote.

Celle-ci consiste à tester pendant plusieurs semaines une invention biotechnologique permettant  d’améliorer ses capacités psychiques. S’il accepte, sa qualité de vie s’en trouvera grandement améliorée. Pour cela, notre cobaye devra se faire implanter une micro-puce dans la nuque (c’est un leurre, un placebo !), et écouter des méditations guidées avec un stimulus sonore chargé de renforcer son pouvoir de décision. L’homme accepte et l’aventure commence.

Derren Brown annonce la couleur au spectateur : « Je veux créer un héros qui sacrifie sa vie pour sauver un parfait étranger ». Bien sûr, notre cobaye ignorera tout de son intention, rêvant de s’élever au rang de super-héros.

Comment s’enferme-t-on dans les histoires qu’on se raconte ?

L’illusionniste justifie la monstruosité de sa manipulation (« je prends vos pensées, j’en suggère d’autres ») en invoquant la valeur de sa  démonstration : la violence exercée au nom de la défense de notre groupe, de notre identité raciale, peut être déconstruite et reprogrammée en son contraire. Tout dépend des histoires auxquelles on appartient. On s’y accroche si fort qu’elles définissent qui nous croyons être.

Derren Brown nous prouve que nous en avons rarement conscience. À tel point que nous acceptons l’inacceptable avec une désolante inconscience. Il est si facile de nous tromper ! Ce sont ces histoires qui nous enferment dans notre identité factice. À déconstruire absolument pour nous en libérer !

L'application "Turbine" de Derren Brown : méditations guidées et stimuli intégrés pour renforcer la manipulation
Images subliminales
Tout au long de l'expérience, des images suggestives seront placées un peu partout dans l'environnement de Mike. Comme ce ventilateur rappelant l'hélice de l'application "turbine"

Leçon de déconstruction

Après avoir planté le décor, Derren Brown annonce son intention de changer notre homme. Au départ, celui-ci affiche une forte appartenance à la race blanche. À l’arrivée, il devra éprouver une forte empathie pour un émigré illégal en détresse, au point de se sacrifier pour lui.

Derren Brown veut le conditionner à devenir un héros. Il montrera au passage comment se libérer de notre histoire, celle que nous forgeons au cours de notre vie, et qui nous fige littéralement en une image subjective et limitée de soi.

Pendant plusieurs semaines, se déploie sous nos yeux tout l’arsenal du bon hypnotiseur :

suggestions et métaphores se succèdent dans un jeu de « recalibrage » mental dont notre homme s’imbibe avec consternation.

Les arcanes de la manipulation

Petit à petit nous repérons le nœud central dans cet enchevêtrement d’exercices et de rituels. L’expérimentation se cristallise autour de la question des « deux camps » : un jeu se met en place entre deux sentiments contraires, deux pensées contradictoires, deux émotions conflictuelles. Et, comme tout héros qui se respecte, l’homme va être poussé dans ses retranchements, poussé à surmonter ses peurs les plus enfouies, conscient des bénéfices supposés de devenir meilleur en maîtrisant la force qui est en lui. Le fait qu’il pense être une sorte d’homme bionique permet d’accélérer le processus.

Leçon de construction

La dernière étape de ce conditionnement consistera à travailler son empathie envers les « étrangers » (les mexicains en particulier et tous les basanés en général). Un test ADN (vrai et certifié cette fois) détruit ses convictions les plus profondes sur « son véritable moi » à défendre sans ciller contre l’envahisseur. C’est le point de basculement tant attendu. L’adhésion au changement est alors amorcée, et une nouvelle histoire introduite dans l’esprit de notre homme. Pour l’y ancrer, l’homme (il s’appelle Mike) sera soumis à de nouvelles épreuves qui ont toutes pour but de déclencher des émotions fortes allant crescendo. Cette fois, il ne s’agit plus de décupler son courage mais son empathie.

Mike, ce héros qui s'ignore
Point de basculement : Mike a opéré son changement de trajectoire psychologique. Un héros est né

Le point de non-retour

Ce point de basculement est l’élément clé d’un récit de caractère. Vient ensuite pour l’auteur la préparation rigoureuse du dénouement (le nœud dramatique le plus intense). Mais, contre toute attente, Derren Brown remercie Mike. L’expérience est terminée et Mike rentre chez lui en apparence satisfait. Est-il soulagé ou déçu ? Nous ne le saurons pas. Ce qui est sûr c’est que Derren prépare la chute avec la plus grande minutie. Ce nouveau mensonge sert son dessein. Un temps de latence permettra à Mike d’intégrer ses nouvelles croyances et renforce les chances de succès de sa manipulation.

Pourquoi nous libérer de nos croyances identitaires ?

Tout au long de son docu-fiction Derren Brown nous rappelle son intention : mener Mike à se sacrifier pour un étranger, ce moment ultime d’agir. Mais l’incertitude demeure et le spectateur doit, comme il se doit, suivre la fin du récit pour en connaître l’issue.

« Tout cela est à propos de ce que nous sommes capables d’accomplir, conclut-il, lorsqu’on se libère de toutes ces histoires. » 

Toutes les histoires nous racontent la même chose : nous sommes prisonniers de notre histoire si nous croyons l’être ! Avez-vous fait de votre histoire une prison ? (voir mon article “Comment développer son talent d’écriture”) Si oui, comment la déconstruire ? Et, pourquoi ? Pour en faire une nouvelle ? En quoi ça nous libère ?

Se sentir capable de choisir sa propre histoire identitaire semble être un fameux challenge. Les suggestions du mentaliste allant dans le sens du « saut en avant », du « pas vers l’inconnu », poussait Mike au dépassement de ses peurs et de ses limites connues.

Pourtant, Derren avouera finalement à ce pauvre Mike : « C’était juste toi ! » Fin de la leçon.

L’archétype du héros

“Le Guide du scénariste” approfondit l’usage de l’archétype dans la construction du récit. Christopher Vogler pousse l’écrivain à s’attacher à des personnalités symboliques, pour ne pas se perdre.  Mais, s’il identifie parfaitement le héros

ALEXANDER DREYMON
The Last Kingdom, d'après la série de Stephen Butchard, avec ALEXANDER DREYMON

Christopher Vogler dans « Le Guide du scénariste », soutient que « les archétypes appartiennent au langage universel du récit ». Pour lui, ce sont des structures récurrentes que l’écrivain ou le scénariste doit absolument maîtriser pour faire vivre son récit. Si une histoire ne peut se passer de héros, un héros ne peut se passer des archétypes. Ces « symboles personnifiés des différentes qualités et défauts de l’âme humaine », dit C. Vogler.

Semblables aux arcanes du jeu de tarot, ils s’incarnent dans tous les personnages de notre histoire et permettent aux héros d’opérer une sorte de transfert. « Assimilant l’énergie des traits de caractère des autres personnages pour les faire siens et devenir un être humain achevé »(Sic). Pour ce faire, un écrivain doit cerner les jeux de miroirs que sont les jeux d’acteurs.

Comment fonctionne l’archétype dans l’histoire ?

Pour moi, les archétypes sont des organes de l’âme, cet être éthéré directement relié à la conscience collective, cette individualité reliée au Grand Tout, et qui implique de créer des personnages aux fortes symboliques universelles. Le personnage incarne avant tout un ressenti partagé par le lecteur, bien avant d’incarner une fonction du récit.

“Le Guide du scénariste” approfondit l’usage de l’archétype dans la construction du récit. Christopher Vogler pousse l’écrivain à s’attacher à des personnalités symboliques, pour ne pas se perdre.  Mais, s’il identifie parfaitement le héros comme la fenêtre qui ouvre le récit, le lecteur de ce guide risque de confondre caractérisation et identification (voir le glossaire de l’écrivain incollable)

Le héros porte en lui notre désir de reconnaissance

Pour revenir aux enseignements de Vogler (à l’ambition affichée de former des scénaristes au succès hollywoodien), le héros est chargé d’assurer l’adhésion du spectateur.

Comment ? En lui attribuant des traits identifiables par tous. Chacun doit ressentir les aspirations et les motivations qui l’habitent.

Un guide à l'ambition hollywoodienne

Rien à créer ! Rappelle Vogler

Ces motivations universelles sont les piliers incontournables de toute histoire, de tout parcours.

De la capacité à donner un sens à sa vie, à celle de recevoir la grandeur de ce qui nous relie les uns les autres, ces motivations, dit Christopher Vogler, se résument en un désir surpuissant, le seul, peut-être, qui vaille vraiment la peine d’écrire (ça c’est de moi), c’estle désir d’être aimé et compris.

C. Vogler identifie, tout au long de ce guide, huit fonctions archétypales élémentaires incarnées par les personnages d’une histoire :

le héros (le don de soi), le messager (l’appel à l’action), le sage (la marche), le magicien (le passage), le gardien (l’obstacle au passage), etc.

Mais prenez ce tableau comme un de ces pense-bêtes qui permet de faire le point sur l’accroche et l’adhésion du spectateur (ou du lecteur – c’est pareil).

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C'était - Le Héros - /10"

L’écriture d’une histoire ne peut se passer d’un héros. L’importance de l’archétypre est tout aussi essentielle à maîtriser. D’après “Le guide du scénariste de Christopher Vogler.

 

Le Rencard de la bête

Haria s’enfonçait plus profondément dans les ruelles sombres du quartier de Mélopol. Espace labyrinthique du vieux centre, il formait une poche bien délimitée. Au sud par ses passages malfamés et à l’est par les quais ensemencés de caisses, où il s’y jetait littéralement comme pour échapper au reste de la cité.

Pause lecture

Bonjour tout le monde ! J’espère, tout d’abord, que vous prendrez autant de plaisir à lire cette petite nouvelle que j’ai eu à l’écrire. Vous y trouverez du suspense, de l’amour et un soupçon de violence. À déguster sur le pouce en moins de 10 minutes chrono !

Fatales distractions en plein cœur de Mélopol

Haria s’enfonçait plus profondément dans les ruelles sombres du quartier de Mélopol. Espace labyrinthique du vieux centre, il formait une poche bien délimitée. Au sud par ses passages malfamés et à l’est par les quais ensemencés de caisses, où il s’y jetait littéralement comme pour échapper au reste de la cité. Mélopol était l’âme fiévreuse de la ville de Léopoldo. Haria savait qu’il n’était pas sage d’y pénétrer. Depuis son plus jeune âge, Mélopol était l’objet de sombres mises en garde et d’oracles sibyllins.

Elle s’était pourtant promis de ne pas aller jusque-là, de ne pas même aller où que ce soit avec lui. Elle avait d’ailleurs assez donné dans les jeux de mariés. Pas question de retomber amoureuse d’un homme déjà pris. Au mieux, s’amuser, au pire, s’en laver les mains ! Ça lui aurait fait du bien de suivre cet adage. Mais son côté fouineuse de cervelle avait encore eu le dessus. Il lui semblait qu’elle réglait ici un problème à elle. Un de ceux qui mijotent au fond du cerveau, et dont on voudrait terminer la cuisson. Pour le manger et grandir.

Haria atteignait la rue des Dames lorsqu’elle cessa d’y réfléchir. Les sens en éveil, elle misait sur son instinct pour déceler les prédateurs ‒ un intrus, lointain ou proche, susceptible de la détecter. Cette aptitude naturelle et sûre s’était développée à la campagne, lors des promenades qu’elle s’obligeait, enfant, à accomplir au crépuscule. Elle apprenait de l’invisible à se détourner des dangers.

Alors pourquoi éprouvait-elle le besoin de batifoler avec cet homme dont la situation délicate l’écœurait ? Mais qu’avait-il besoin, aussi, d’insister ? Ne retournait-il pas la situation en sous-entendus trompeurs sur ses envies inassouvies ‒ de prétendus appétits qu’elle ne s’avouerait pas ? L’indélicatesse du personnage ! Haria était justement très à cheval sur ses positions et n’éprouvait nul besoin de répondre aux tentations sournoises orchestrées par une société consumériste ! Quelle société faisait croire à un troupeau de bêtes qu’il avait besoin d’assouvir ses appétences sexuelles ? Le caractère inévitable de l’envie inassouvie, bien-sûr !

Malgré tous ses efforts, Haria se retrouvait encore une fois confrontée à ce discours sournois, anachronique mais permanent, comme forgé dans le roc. Et ceux qui rampent en font leur bave. Ah ! De besoins, on en avale à tous les repas ! Du simple tas de coupons publicitaires aux plus complexes évidences amoureuses ! L’embrouillamini le plus complet invite les sociétés de marketing à exploiter toute la gamme du désir. Soif d’amour, de reconnaissance, l’essentiel qui rend fou ! Elle en était là de son agitation fiévreuse, lorsqu’elle sentit une présence sur sa gauche ; elle atteignait le tournant de la ruelle.

Le piège sans surprise d’une tragédie romantique

Ralentissant, Haria adopta une attitude détendue et concentrée, le temps d’anticiper de possibles points d’impact. Vers qui se dirigeait-elle ainsi ? Elle distingua quelques voix étouffées, plutôt guillerettes, un rire fluet. Rien de menaçant, en somme. Elle assura son pas et osa un regard détaché à hauteur du croisement mal éclairé. De jeunes garçons se donnaient l’accolade en échangeant quelque substance illicite. Mais des silhouettes imposantes s’approchaient du groupe. Elles forçaient l’allure et les jeunes détalèrent aussi sec dans sa direction. Haria eut juste le temps de bifurquer sur sa droite.

Cachée dans un renfoncement de porte, elle se fondait, discrète, dans la pénombre de l’impasse. La voilà la bête coincée dans un cul de sac. Mais son cœur n’était pas affolé. Tandis que le bruit des galops s’échappait de leur course feutrée, Haria se demandait plus que jamais, pourquoi ce rencard dans un bar animé du vieux quartier ? Pour se fourrer dans les problèmes ? En réalité, Haria savait très bien pourquoi. Ici, personne ne pouvait le reconnaître et le trahir. Elle avait donc accepté. Pour éprouver le frisson du rendez-vous romantique.

Haria n’avait pas refusé toutes ses avances et il avait trouvé son point faible. Elle se sentait si faible ! En fait, comme la plupart des humains qui l’entouraient, Haria manquait d’assurance et se bourrait d’incertitudes. Elle faisait partie de la minorité d’inadaptés qui trouve dans l’art un exutoire à la folie. Certes, elle n’associait plus la drogue à sa tactique de survie, ayant suffisamment pâti de tout cela pour s’en vouloir sortir. Oh, elle avait très peu goûté aux substances dangereuses ! Un tronçon de sa vie avait traversé le shit et exploré les univers déformés du champignon ; elle avait même circulé dans l’invraisemblable monde noir de la consommation de synthèse ! Il est vrai qu’elle avait eut la curiosité d’expérimenter les pilules du bonheur ‒ une autre façon d’avilir la nature de ses gènes.

Rahan avait vite compris qu’au-delà de ses anciennes dépendances, en deçà de sa vie de femme affranchie de toute âpreté, lui restait, de temps en temps, l’envie furieuse de se laisser glisser hors de sa nouvelle liberté qui, au fond,  bafouait son amour fou, sa passion insolente, sa fureur d’être. Rahan l’avait appâtée par un petit matin d’été avec son bout de suc marron. Surprise, ravie, minaudant, elle avait cédé gentiment. Aujourd’hui, elle appréciait ces moments d’intimité que seuls fumées et contes savent combler d’une amitié simple.

Puis, la complexité des sentiments s’insinua et ils consentirent à ce qu’elle convenait parfois avec des garçons. Comme toujours, dans ces cas-là, Haria n’en tira aucun plaisir. Un arrière-goût de regret même, se mêlait au dédain que lui inspirait une parade sexuelle déliée d’amour fou, passionnel, éternel ! C’est qu’elle n’y pouvait pas grand-chose, elle manquait de légèreté. Accrochée au voile déchiré de l’enfance, Haria s’efforçait de le recoudre.

Maintenant, à chacune de leur rencontre, elle partait dans des tirades interminables sur l’inutilité de leurs tête-à-tête. Dans ce jeu d’égos, Haria et Rahan trouvaient tout de même leur équilibre. L’amitié leur faisait du bien. Un bonheur court se forme, une bulle sécurisante au cœur du tumulte quotidien. Alors, pourquoi bousculer ces habitudes tranquilles, ces parenthèses secrètes de modestie et prendre soudain rendez-vous dans un monde chargé de drames ?

Les prédateurs nocturnes flairent les âmes blessées

Haria reconnut la bande des poursuivants, par leur façon de se déplacer et les intonations lourdes qui sortaient de leur gouaille. Elle retenait son souffle, la mâchoire crispée et les muscles tendus. À l’affût de la plus petite proie ‒ et elle était bien placée pour en être ‒ Haria les sentait capables de la détecter. Sa détermination évinça toute tergiversation pour concentrer son esprit sur sa position. Le piège était grossier. Elle rentra son bras gauche en arrière, tâtant du bout des doigts le bouton de porte sur laquelle elle s’adossait. Elle l’enclencha doucement sans parvenir à entrer.

Elle entendit toutefois un bruit, quelqu’un à l’intérieur peut-être. Attentive, elle réitéra son mouvement de clenche avec plus de douceur encore, comme si elle envoyait un message en morse pour qui l’écouterait derrière. « Ouvrez-moi », souffla-t-elle, insistant à mesure que quatre hommes s’infiltraient dans le noir qui la couvrait.

‒ Mais oui ! lança l’un d’eux en tendant le cou. C’est une poule égarée qu’on a dégauchée !

‒ On la sent à des kilomètres !

‒ On s’refait, au final ! On gagne à s’la mettre au bout, celle-là.

‒ Salut ma jolie, tu t’es cassée ?

‒ Ah ! Ah ! Ah ! Ah !

Leurs aboiements hilares l’enrageaient. Mais son attention restait fixée sur la clenche. Elle la tournait sans s’exciter sur le mécanisme, persuadée qu’il y avait quelqu’un derrière. Ne pas se retourner vers cette satanée porte était le seul moyen de s’en sortir. Ne pas succomber à l’envie frénétique de la défoncer à coup de pieds. Si elle leur tournait le dos, elle était foutue.

‒ Allez, viens ma cocotte ! On va t’ reconduire.

‒ T’as d’la choune qu’on t’dégotte là !

Ils s’étaient rapprochés. Si prêts qu’Haria se retrouvait asphyxiée par leur haleine chargée. L’un d’eux finit par lui accrocher le bras et l’attira violemment dans le cercle étroit qu’ils formaient à eux quatre.

Haria se débrouillait toujours pour ne pas attirer les charognards autour d’elle, d’une chaloupée ou d’un regard en biais, elle les défiait de loin, même de très loin parfois, pour qu’ils se désintéressent et dévient. Préoccupée par ses incertitudes, assurée qu’elle était de se faire mener en belle, cette fois-ci, elle s’était fait piéger. Bousculée, pressée, tentant de ne pas trop mouliner des bras et exciter les ravageurs, Haria avait deux choix : la porte ou la rue. Ils étaient serrés en bloc, à se bousculer torse contre torse autour d’elle, lui écrasant jusqu’à la plus petite partie de son corps pour en tirer le plus gros morceau.

Haria s’aidait de toutes ses forces pour ne pas tomber, s’aveuglant dans la nuit afin de percer la brèche par où détaler. Elle perdait du terrain sous les coups. Les intrusions de la meute se faisaient plus blessantes ; leur acharnement finirait par payer. Elle sentait qu’ils allaient gagner quand une lueur infime la fit se tordre les cervicales. C’était une fente colorée, un bâton de braise, la porte entrebâillée ! De ce côté-ci du piège la pierre était fendue. Elle se contorsionna pour l’ouvrir un peu plus, jouant des épaules tout en attirant ses bras plus au-devant d’elle.

Quand Haria sentit le mouvement de leur masse se recaler sur l’arrière, elle sut que c’était maintenant ou jamais. Elle baissa férocement la tête vers les genoux, dégagea son bassin pour pivoter et fuir à reculons comme un boulet en direction de la porte, qu’elle défonça de son dos courbé. À peine atterrissait-elle lourdement sur les fesses, qu’elle vit s’engouffrer les visages hideux de ces sales bêtes. Un corps noir et puissant lui barra cette vision d’horreur ; des cris, des râles, des bruits de lutte emplirent l’espace confiné d’un corridor, juste au dessus de sa tête la guerre faisait rage.

Derrière le trou de la souris l’obscurité persiste

Immédiatement, Haria glissa vers le fond en s’aidant de ses pieds, de ses mains, en s’esquintant le dos, telle une limace blessée propulsée dans une course éperdue. La porte claqua. Les assaillants en tapaient rageusement le battant, vociférant leurs menaces immondes. Les verrous se déplièrent d’un coup sec, et la clameur mourut. Mais le sauveur, dans l’ombre, attendait que le tonnerre cesse. Immobile, l’oreille collée au bois, son crâne, garni d’une chevelure hirsute restait caché derrière de larges épaules rondes. La bande d’aliénés finit par se perdre en invectives gazeuses. Il lui semblait qu’elle bavait sur la perte lamentable de leur prise.

Haria se recroquevilla contre le mur du fond, scrutant l’obscurité saturée de la respiration rauque de l’homme.

‒ J’les connais ces salauds, y reviendront me faire chier. Mais c’est des lâches. Reviendront pas ce soir.

Il grommelait en pénétrant dans la seule pièce éclairée d’une télévision. Une lumière clignotante s’en échappait jusqu’au couloir où Haria se terrait. Elle n’avait pas bougé. Groggy, déracinée, elle n’osait penser à ce qui venait d’arriver, et encore moins à ce qui pouvait advenir désormais.

Il revint tout aussitôt, un verre à la main, grommelant toujours. Haria perçut une masse informe et ténébreuse qu’un éclat dansant s’amusait à parcourir sans en révéler les contours. Changeante et chaotique, elle semblait s’être échappée d’un centre qui absorbait toute l’énergie des lieux. Le liquide que contenait le verre scintillait comme un point de mire qui se reflétait sur l’ombre charbonneuse de cet homme, comme s’il était la cible d’un tireur embusqué. Cette hypotypose lui arracha un sourire cynique et lui permit de respirer plus facilement.

‒ Tiens, bois ça, j’l’ai tirée du robinet. Et attend un peu avant de te défiler, y guettent peut-être.

Haria prit machinalement le verre d’eau, sans rien voir, sans penser à se lever, à rentrer. Sa main trembla. Ses doigts glissaient sur le verre qu’elle refusait de porter à ses lèvres, elle n’en avait pas envie. Elle était secouée. En fait, elle tremblait de l’intérieur. Surprise, elle se focalisa sur son état.

‒ Rien de cassé, au moins ?

Pas de réponse. Il lui reprit le verre et proposa de l’aider à bouger. Haria secoua nerveusement la tête.

‒ Bon, fit-il simplement, la plantant là pour retourner à sa télé qui retrouva la parole. Au bout d’un long moment, Haria capta que c’était un western. Le bruit des galops et des coups de feu ne l’avaient pas frappée jusqu’à ce qu’elle s’en rende compte. 

Un cowboy égaré clapit au fond du corridor

Elle sentit son petit sac toujours accroché sur le dos. Alors, avec une lenteur infinie, elle en dégagea les bretelles et sortit son portable. Rahan répondit à la première sonnerie.

‒ Bah t’es où ? Tu te dégonfles ?

‒ Écoute, je suis piégée dans ton foutu quartier. Viens me chercher. Monsieur ! Donnez-moi l’adresse d’ici s’il vous plaît !

Haria l’entendit se soulever du sofa, comme pris dans un duel, à grand renfort de grincements. Il s’encastra finalement dans la lumière et projeta son ombre sur elle. L’homme mâchouillait quelque chose de craquant. Il émit un bruit sourd qui semblait dire « qu’est-ce t’as ? ».

‒ L’adresse d’ici, répéta-t-elle prosaïquement.

‒ Mu hum…

Déglutissant, il semblait hésiter, intrigué peut-être. Il l’observait, livré à la question. Haria, coupée de toute réalité dans l’obscurité, l’imaginait seulement. Elle attendit sa réponse, comme absente, son portable plaqué sur l’oreille.

‒ Deux, impasse Licorne, près de la rue aux oubliettes. Il y eut un blanc au bout du fil, Rahan retenait certainement les mots qui lui mouillaient le palais.

Haria attendit dans l’ombre. Retourné à son film, l’homme ne l’avait pressée d’aucune question. Elle supposa qu’il attendait aussi la suite. Mais il lançait des soupirs excédés sans qu’elle pu deviner pourquoi.

Rahan arriva dare-dare. Il n’avait pas encore cogné à la porte que le sauveur bondît de son canapé comme s’il était simplement posé sur le rebord d’un des bras. Il se posta avec une rapidité de militaire contre le judas de l’entrée. Lorsque Rahan frappa, l’homme dit à voix basse : « Blond, les cheveux en bataille, blouson en cuir clair. » Haria était une grande fille noire au crâne rasé. Elle répondit « oui ». Alors, d’un geste mécanique et rapide, il actionna les verrous en faisant le plus de bruit possible.

Mais son élan s’arrêta là. Il dit simplement « elle est au fond du couloir », et s’en revint au salon, laissant la porte ouverte et Rahan sur le seuil. La télévision se tut et une lumière jaune barra le couloir. Rahan pu découvrir Haria qui faisait un effort pour se lever. Sonné, il hésitait sur la marche à suivre.

‒ Ça va ? murmura-t-il à l’adresse d’Haria. Elle, se levant avec difficulté, s’accrochait aux murs. Lui, n’osant la rejoindre avant qu’elle ne lui parle, s’approchait tout de même, circonspect, quand un cliquetis sonore retentit. Ils se figèrent tous deux, agrippés l’un à l’autre au blanc de leurs yeux. Caché dans la pièce éclairée, l’homme exprima d’une voix haute et puissante cette singulière pensée : « Ces branleurs ! Savent pas qu’ça résonne à en crever l’tympan, hein ? Cette pétarade c’est du pipo ! Quand on tire ça explose ! Ça bruite comme la mort, mes couillons ! »

Son ombre revint à contre-jour avaler Haria et Rahan. Ils s’étaient rapprochés l’un de l’autre et pensaient partir à l’instant par l’ouverture béante de ce corridor. C’était sans compter sur notre locataire, dont la silhouette se découpait sur les lueurs dansantes : il brandissait une arme en une posture triomphante.

‒ S’ils reviennent, ils comprendront ce que c’est qu’un coup de revolver. C’est pas dans les westerns ! Pas vrai ma fille ? Et toi, le blondinet, t’as déjà goûté aux délices d’une bonne détonation ? Haria s’était ressaisie. Se redressant sur son séant, elle était bien décidée à moucher son farouche défenseur.

‒ C’est heureux que vous n’ayez pas sorti votre pétoire ! Les voisins n’auraient pas bougé le petit doigt, même si j’avais grouiné comme une truie qu’on égorge. Alors que vous, sans un bruit, vous avez fait preuve d’une efficacité redoutable, digne d’un escadron. Je dois vous remercier pour ça.

Les amours se construisent au bord du précipice

Gonflée d’orgueil, la silhouette imposante s’avança encore d’un pas. Rabaissant son bras vengeur, il paraissait plus menaçant encore.

‒ C’est bon fillette, casse-toi d’ici et revient plus traîner dans l’coin, t’en perdrais les oreilles ! T’es pas d’Mélopol ! T’as rien à foutre aux oubliettes !

Un silence de mort suivit sa tirade, dégommée avec une telle rage qu’elle s’acheva par des intonations nasillardes et tremblotantes. Tout son corps palpitait de fureur. Un mutisme angoissé s’empara d’Haria. Au bord de l’hystérie, elle se cramponna aux doigts de Rahan. Jamais, depuis leur rencontre, ils n’avaient eu l’envie de se tenir la main. Elle s’étonna presque que cette pensée l’effleure alors que la colère et la peur lui paralysaient le cerveau. Mais rien n’existait plus que ce lien ténu, contre-nature, qui se tissait entre eux et se synchronisait, coordonnait une action sans concertation : échapper au pire, dévier le danger qui les empêchait de fuir, ne pas mourir. Cette nécessité les obligeait à ne faire qu’un.

Rahan sentait la main crispée d’Haria trembler. Du bout de ses doigts engourdis, il répondit à ses muettes imprécations, lui certifiant de réagir en conséquence. Il avait déjà son idée quand l’homme, figé jusque-là, dévisageant Haria de ses yeux fous, radoucit sa face par un rictus complaisant, une sorte de sourire linéaire, une grimace édifiante de bonhomie en croisant le regard de Rahan.

‒ T’es pas du quartier, toi non plus, pas vrai !? J’te vois pas crécher dans l’coin, ajouta-t-il mielleux.

Il était nonchalamment accoudé contre le chambranle de la porte, dans la posture du voisin amical qui s’appuie sur sa bêche au coin de son portail et faire un brin de causette. Mais l’air incisif de ses pupilles les assurait du contraire.

L’homme avait croisé ses poignets sur ses cuisses, les bras tendus le long du torse, le canon de son arme abdiquant provisoirement vers le sol.

‒ J’ai idée qu’t’es là pour éviter d’cloquer des connaissances, articula-t-il sournoisement, délayant le filet de sa bouche en une courbe lunaire.

L’homme bougeait les extrémités de ses lèvres tout en attendant une riposte. Rahan cherchait une réplique en guise de prolongation. Il se devait de retourner le jeu en sa faveur dans la partie entamée entre Haria et son mastodonte hideux, dégoulinant de satisfaction, prêt à mordre sous ses airs de repos.

‒ Je m’appelle Rahan et je vous pose à mon tour la question : savez-vous pourquoi nous élaguons les arbres ?

‒ Pour pas les voir grandir, évidemment, répondit-il tout de go se redressant d’une légère secousse d’enthousiasme.

‒ Exact ! l’engagea Rahan en imitant son subtil mouvement d’épaule qui lui conférait un air dégagé. Imaginez des arbres gigantesques, dont la majesté écraserait notre vanité d’homme. Notre désir de puissance nié par leur impérissable beauté ! Quel sentiment éprouvons-nous devant l’inaccessible ? La peur de grimper. Voilà pourquoi nous les privons de leur liberté de croître.

L’homme accepta la leçon sans un mot de trop. Il s’effilochait. Ses clavicules s’affaissaient obstinément, ses yeux se dilataient dans le vide comme des ballons crevés et, sur ses lèvres, perlaient de microscopiques bulles salivaires. Le moment était venu de prendre congé. Rahan serrait la main d’Haria lorsqu’ils quittèrent l’endroit.

Furetant dans les rues malfamées de Mélopol, ils déambulèrent jusqu’aux quais et s’enfoncèrent dans les couloirs de conteneurs. Haria s’adossa à l’un deux, il portait le numéro 2. Rahan la souleva à quelques pas du sol. Elle s’accrocha aux poignées de la boîte tandis qu’il lui offrait ce qu’elle avait dénigré jusqu’alors, s’insinuant avec une douceur infinie au plus profond de son âme. La leçon d’une vie s’accomplissait ici. Aucun sacrifice, aucune souffrance n’a de sens en amour. Le plaisir reçu s’acquitte du plaisir donné. Et ni l’un ni l’autre n’éprouvèrent jamais le besoin d’en parler, ni de cette nuit-là, ni du pacte qu’ils avaient finit par seller.

Comment créer des personnages vivants

Dans ce podcast je vous délivre les pistes essentielles pour créer des personnages vivants et pour vous sentir qualifié pour traiter votre sujet. Car il vous tient au-delà, bien souvent, de ce que vous n’auriez jamais imaginé.

Donnez vie à vos personnages ! 

Le regard des autres…

Créer un personnage n’est pas un casse-tête. Entre la caricature apparente (lui attribuer un, voire deux traits dominants) et la complexité réelle d’un être humain, le personnage que vous créez se définit lui-même, avant toute chose, par ses actions et surtout par le regard que les autres lui portent.

L’incarnation de votre protagoniste tient en réalité à peu de choses : s’il est vivant aux yeux des personnages qui l’entourent, il le sera inévitablement à vos yeux et à ceux des lecteurs.

fait de votre héros un être humain

Voilà le grand secret de la vie d’un être social. Le regard de l’autre est une fenêtre ouverte sur la cour intérieure de votre héros. Si vous comprenez que le regard de l’autre fait de votre héros un être humain, vous avez tout compris !

Bien-sûr, il vous faudra dessiner le portrait, un portrait dont les yeux dévoileront ce qu’il y a de plus caché.

Inventez-lui ses attaches profondes (ses blessures, ses relations voilées, ses désirs inassouvis, etc.). Puis, donnez-lui une enveloppe sociale à travers ce que les autres lui renvoient (pensées et jugements sur ses actions, réactions sur ses paroles, dialogues sur les événements auxquels il prend part…).

Il est chargé de VOUS sauver !

Ensuite, sachez que le héros incarne en réalité l’idée de départ, cette idée qui vous pousse à écrire votre histoire. C’est un message dont votre protagoniste est le porteur privilégié. De ce fait, l’idée de départ devient un problème qui trouve sa solution. Elle mène donc quelque part, elle ouvre le chemin vers une résolution que le héros est chargé de trouver. C’est le parcours du héros.

En clair, la fonction première du héros est de résoudre NOTRE problème à nous, auteur.

Écrivez au-delà de l’imaginable

Dans ce podcast, je vous délivre les pistes essentielles pour créer des personnages vivants, et pour vous sentir qualifié pour traiter votre sujet. Car il vous tient, bien souvent, au-delà de ce que vous n’auriez jamais imaginé.

Écoutez ce podcast avec attention et vous comprendrez comme vous êtes qualifié pour créer le héros dont vous rêvez.

Envoyez vos commentaires ! Lancez vos questions, que je vous apporte tout ce qui vous manque dans l’écriture avide de votre roman, de votre nouvelle ou de votre histoire.

À très vite, Alice

Nous sommes tous les artistes

Notre capacité à apprendre n’a pas de limites. A mes élèves, qui suivent mes cours de peinture, je conseille toujours de pratiquer le dessin ou la peinture au moins 15 minutes par jour. Un article invité d’Elena Kuznetsova

Elena Kuznetsova vit en France, a fait les Beaux-Arts de Moscou et sait peindre comme on s’imagine les artistes d’une époque que je pensais révolue. Moi et Elena avons fait un échange d’article invité sur la question « Sommes-nous tous des artistes ? ». J’ai donc le grand plaisir de vous partager son article, tandis qu’elle fait de même pour le mien sur son blog Apprendre la peinture avec Elena. Elena Kuznetsova vous propose ici un point de vue généreux et documenté, et des pistes intéressantes pour développer vos dons de créateur selon la méthode de Léonard de Vinci.

Bonne lecture à tous !

« Il n’y a pas de malheur égal à la perte du temps »

Michelangelo Buonarroti, Madrigal LVIII, Le temps (1540)

La vie c’est la toile, et c’est nous qui décidons avec quelles couleurs nous allons peindre sur cette toile. Pour une personne la vie c’est la peinture des impressionnistes, éclatante de toutes ses couleurs vives et brillantes, pour une autre personne la vie c’est le cadre noir de Malevitch.

Nous sommes tous les artistes

Depuis notre naissance, nous avons un don fabuleux, c’est le don de la création. Nous sommes tous des artistes, des créateurs…. Un mathématicien, qui admire la beauté de sa formule… Un mécanicien qui a inventé un nouveau mécanisme.

Un peintre qui raconte une histoire dans son tableau. Son tableau est le monde plein de sentiments, de lumière, de force, de magie. Dans un tableau on suit le sujet comme dans le roman. Il y a les personnages principaux et secondaires, l’intrigue. C’est le peintre qui décide comment nous lirons son sujet, quels personnages nous découvrirons les premiers, quelle gamme de sentiments nous éprouverons. C’est en quoi consiste la composition dans la peinture.

Un musicien, qui avec sa musique enlève en nous un tourbillon de sentiment.

Un écrivain, qui écrit son roman. Son sujet se découvre devant nos yeux image par image. Il crée pour nous un monde, son monde, qui devient le nôtre. On suit les personnages, on sent l’odeur, on entend le bruit du vent, on voit les paysages, les scènes, les gens, les animaux,… l’époque. Tout ce monde se déroule devant nos yeux. Tout cela c’est de la magie et la force de création.

L’homme est puissant comme Dieu

Depuis des siècles, l’homme était considéré comme créateur, artiste. Ce n’est pas par hasard que le formidable Albrecht Dürer a dit : « L’artiste va juste après le Dieu. » Cette maxime illustre parfaitement toute l’époque de la Renaissance. À l’époque de la Renaissance, la personnalité humaine est la personnalité créatrice, elle reprend en quelque sorte la fonction de Dieu sur elle-même. C’est pourquoi elle est capable de maîtriser soi-même et la nature.

L’humain incarne lui-même la source de la créativité. Que ce soit la politique, l’économie, l’art, la religion, l’invention technique, la littérature. « L’homme est puissant comme Dieu », dit Marsile Ficin. Si c’est vrai, il est capable de réaliser la limite de la sagesse et de la beauté. Tous les humains sont les créateurs, les artistes.

Souvent une personne réunie en elle plusieurs talents. Comme on dit, une personne talentueuse est talentueuse pour tout ! Leonardo da Vinci fut peintre, sculpteur et ingénieur, Michelangelo Buonarroti – peintre, sculpteur et poète.

Souvent,  on n’ose pas de se dire qu’on est les créateurs, les artistes. On est tous talentueux ! A Delphes, l’inscription sur le temple d’Apollon, dieu des arts, de la beauté et de la créativité, dit : « Gnothi seauton ».- Apprenez à vous connaitre vous-même ! C’était aussi l’idée principale de la philosophie de Socrate.

Notre cerveau n’a pas de frontières

Tout le monde peut apprendre à peindre ou à écrire à n’importe quel âge. Il faut  juste avoir assez de motivation pour commencer à apprendre. Les connaissances viennent pas toutes seules, il faut toujours du temps et des efforts. Mais au final, vous serez récompensés ! Quel plaisir de comprendre d’un coup, que ce qui était impossible et presque un miracle hier, vous le faites aujourd’hui  facilement !

Notre capacité à apprendre n’a pas de limites. A mes élèves, qui suivent mes cours de peinture, je conseille toujours, en marge de mes cours de pratiquer le dessin ou la peinture au moins 15 minutes par jour. Comme cela le cerveau commence à considérer la peinture comme une tâche quotidienne. En plus vous n’oublierez pas les compétences acquises durant les derniers cours.

Il existe une théorie qui dit que pour devenir professionnel dans tel ou tel métier il nous faut 10 000 heures. Pour moi, comme pour beaucoup de professeurs, elle est assez polémique et litigieuse.

Il existe une autre théorie, selon laquelle chaque personne a besoin de sa propre tranche de temps de pratique pour apprendre quelque chose. Pour une personne, c’est  20 minutes par jour, pour une autre, c’est  4 heurs par jour.

D’après mon expérience, il vaut  mieux de s’exercer 15 – 20 minutes par jour, mais rester pendant ce temps-là très concentré, que de répéter pendant  4 heures le même exercice. Le fait est que notre cerveau n’est capable tenir une concentration extrême que 15-20 minutes. Après, bien sûr, on peut continuer à travailler, mais pas si intensément. Comme cela tout d’abord vous prenez l’habitude de vous exercer tous les jours et il vous reste du temps pour faire une autre occupation.

Suivez la méthode de Léonard de Vinci

Il existe une méthode de concentration, inventée par Léonard de Vinci. Ce qui est intéressant, c’est que cette méthode s’utilise largement  aujourd’hui dans l’art thérapie et par des psychologues.

Dans son ouvrage, Léonard de Vinci a décri un mécanisme simple, comment « soigner l’esprit et l’âme » à l’aide des pinceaux et des couleurs. Sa méthode se décompose en  23 points. Les psychologues modernes constatent que Léonard de Vinci avait tout à fait raison, sa méthode marche pratiquement pour tout les cas.

Voici les 23 propositions de Léonard

1- Si vous êtes fatigués, dessinez des fleurs

Dessin fait par mon élève Hélène Whitman
Dessin fait par mon élève Hélène Whitman

2 – Vous êtes en colère, dessinez des lignes.

3 – Vous avez mal quelque part, faites une sculpture.

4 – Quand vous vous ennuyez, faites une mosaïque.

mosaïque de papillons
Les papillons. Peinture faite par mon élève Irina Vorobieva

5 – Vous êtes triste, dessinez une arc-en-ciel.

6 – Quand vous avez peur de quelque chose, faites des collages ou tissez un macramé.

7 – Si vous êtes angoissés, faites une poupée de chiffon ou une poupée de fil.

8 – Vous est indignés, faites des puzzles ou déchirez une feuille de papier multicolore en petits morceaux et après faites en un collage.

9 – Si vous vous inquiétez, pliez un origami.

origami

10 – Quand vous êtes tendus, dessinez des ornements et des arabesques.

ornement floral
ornement floral. Table décorée par mes élèves

11 – Si vous essayez de vous rappeler quelque chose d’important que vous avez oublié, dessinez des labyrinthes

Labyrinthe
Labyrinthe

12 – Vous êtes déçus ? Copiez un tableau.

Une copie du tableau de Vincent Van Gogh faite par mon élève
Une copie du tableau de Vincent Van Gogh faite par mon élève

13 – Si vous êtes désespérés, dessinez la route. 

gis de la Chabottrie. 50x60 Pastel
gis de la Chabottrie. 50x60 Pastel

14 – Quand vous cherchez à comprendre vite quelque chose, dessinez des mandalas.

mandala bleu
mandala bleu

15 – Si vous avez besoin de vite vous rétablir et reprendre vos forces, dessinez un paysage.

paysage en pastel
paysage en pastel

16 – Si vous voulez comprendre vos sentiments ou vos sensations, dessinez votre autoportrait

Portrait fait par mon élève Tatiana
Portrait fait par mon élève Tatiana

17 – Vous voulez vous souvenir de vos sensations et votre état d’esprit actuel – dessinez des taches de couleurs abstraites

18 – Si vous avez besoin de systématiser vos pensés – dessinez des nids d’abeilles ou des carreaux

19 – Vous voulez comprendre vos désires – faites un collage.

20 – Vous essayez de vous concentrer sur vous pensés – dessinez avec les points (le pointillisme)

21 – Pour trouvez une issue d’une situation difficile – dessinez des ondulations et des cercles

22 – Si vous sentez que vous êtes dans une impasse, mais qu’il vous faut avancer à tout prix – dessinez des spirales

23 – Quand vous voulez vous concentrer sur un but – dessinez des grilles et des cibles.

Une méthode employée en art-thérapie

Cette méthode se réfère plutôt à la Psychologie et s’utilise beaucoup dans l’art-thérapie. Mais quand vous apprenez la peinture vous pouvez facilement adapter cette méthode à votre état d’esprit et comme cela, la peinture et le dessin vous aideront à trouver les solutions et rendre votre vie quotidienne plus agréable.

Cette méthode, vous pouvez l’utiliser également pour développer n’importe quelle activité. Admettons que vous écriviez un récit et que vous n’arriviez pas à le finaliser, alors, regardons…  point  22 : si vous sentez que vous êtes dans une impasse, mais qu’il vous faut avancer à tout prix, dessinez les spirales…  Ou bien vous êtes très fatigués après une longue journée de travail…. Point 15 – Dessinez un petit paysage.

Faites ce que vous désirez faire !

Et n’oubliez pas, la plus grande loi de tous les génies : Faites ce que vous désirez faire ! Faites ce dont vous avez toujours rêvé, que ce soit la musique, la littérature, la peinture…. Il n’y a pas d’âge pour commencer, il y a juste votre envie d’apprendre ! Soyez un peu comme les enfants : Je veux le faire et je le fais ! Tous les enfants sont un peu des génies et tous les génies sont un peu des enfants.  Faites ce que vous avez toujours voulu à faire !  Et vous n’aurez pas de limites !

«Tout obstacle renforce la détermination. Celui qui s’est fixé un but n’en change pas ! » Leonard de Vinci

Par Elena Kuznetsova du blog apprendrelapeintureavecelena