Le sommeil révolutionne la médecine !

Dormez pour vivre

L’article que je vais vous lire retrace la découverte la plus révolutionnaire de ce siècle : dormez pour vivre !

Hello ! Je suis tombée sur un article fort amusant, intriguant et un rien flippant. Ça m’a donné envie de vous concocter une ‘tite chronique podcastée à faire peur !

INSOMNIAQUES S’ABSTENIR !

Un article de Mark O’Connell – The Guardian – Trouvé dans le magazine “Books” de novembre 2018

Rencontre du genre humain

La nature humaine est instable

La nature humaine est instable, me disais-je en me levant ce matin. Et, par le plus grand des hasards, je m’entretenais dans la même journée avec deux hommes d’un aplomb désarmant, reléguant aux oubliettes l’impression que l’homme est une espèce trébuchante.

Trois jours que j’écris pour le best-seller. Au quatrième jour, toujours rien publié dans la rubrique d’à côté. Je me réveillais, ce matin-là, avec l’idée déprimante que la nature humaine était instable. Puis, vers l’heure du midi, je croise Vincent Gibeau : « Je me demande si je vais y arriver un jour, lui avouai-je. Comment tu fais, toi ? Tu te poses bien ce genre de questions, des fois.

‒ Non, me répond-il le plus sincèrement du monde. Je ne me pose pas de questions. Je dessine, c’est tout. Enfin, moi, c’est différent. J’ai un boulot, des vacances pour peindre et, j’ai surtout ma famille. C’est un cadre fiable. »

Dans l’élan du blues, je pars à Plein Ciel, la librairie des Docks. Je pense à la montagne de notes que je n’ai pas du tout envie de « traiter », à ces nouvelles perdues dans mon vieil ordinateur qui a rendu l’âme. Oh, je les ai manuscrites, quelque part… Maintenant, j’ai même un disque dur externe. Reste que ces monceaux de notes n’ont d’intérêt que celui que je veux bien leur donner. Courage. Publie et tu seras sauvée !

En réalité, ce n’est pas le plus dur d’écrire. Le plus dur, c’est d’harmoniser son temps entre l’écriture et la structure. Non. J’imagine ce que ferait Gibeau à ma place…

Vincent Gibeau

C’est peut-être une question de perception. Si je percevais le tapuscrit autrement. Un nom tout à fait dépourvu de charme, en passant. C’est peut-être ça, le secret : apprendre à vivre les choses autrement.

Plein ciel, la dédicace.

Je trouve notre homme, Brice Lepercher, jonché sur un haut tabouret face à une table de même hauteur, où s’empilent de gros livres au titre évocateur « Le Grand Maître » et à la couverture chiadée. Tous deux respirent le futurisme fictionnel, autrement nommé « science fiction ». 

Très vite après m’être présentée, Brice Lepercher invoque sa mémoire d’éléphant pour m’annoncer que nous étions au lycée ensemble. « J’ai une mémoire exceptionnelle et une imagination débordante, explique-t-il. Je n’ai jamais eu le vertige de la page blanche. »

Il m’est souvent arrivé de ne pas reconnaître un ancien camarade de lycée pour la simple et bonne raison que je vivais déjà, à l’époque, dans mon imaginaire, reléguant la réalité extérieure au stricte nécessaire : moi, mes amis et l’inévitable cellule familiale. La famille, encore ! Brice Lepercher est fonctionnaire et sa femme aussi. Et, comme Vincent, Brice évoque un cadre familial solide. C’est pour ça qu’on l’appelle « socle familial », j’imagine.

« Le Grand Maître » est l’histoire d’une prophétie de fin du monde. Nos héros, guidés par un médium, vont avoir la douloureuse mission de sauver l’humanité.

« J’ai mis 20 ans pour l’écrire, clame l’auteur encore sous le choc de sa folle chevauchée. Je vivais tellement dans mon univers que je n’en perdais jamais le fil. Je l’ai écrit sur du long terme parce qu’il fallait que je me construise professionnellement mais, une fois que famille et travail étaient bien imbriqués dans ma vie, je me suis remis dedans quinze ans après, et je n’ai pas eu de problèmes. »

Eh bien, chez nous, la famille est à cloche-pied, me dis-je : un couple qui n’a jamais habité ensemble, aux fortes racines, tellement ensevelies qu’elles sont aujourd’hui invisibles. Bon, passons cette histoire de stéréotypes qui me nargue depuis ce matin et revenons à l’écriture.

Je n’ai pas eu l’occasion de demander à Brice si ce n’était pas trop gênant de se souvenir de tout. Moi, c’est le contraire. Je me fais un devoir d’oublier à peu près tout. Je garde en tête juste ce qu’il faut pour laisser libre cours aux retranscriptions libres de droit. Les références ? Quelques-unes, les plus symboliques. 

De l’original sans fondements traitables. J’ai pris le temps de discuter

Brice Lepercher

‒ J’ai l’impression d’avoir fait un condensé de toutes mes passions, de toutes mes références livresques et cinématographiques, explique-t-il. Ce qui a relancé l’écriture de mon roman, c’est un départ en vacances. J’avais emmené le manuscrit avec moi sans savoir si j’allais avoir le déclic. Je n’avais pas la tentation de regarder la télé. Alors, l’envie d’écrire m’est revenue.

‒ Comme si tu te faisais ton film, quoi.

‒ C’est carrément le film que j’écrivais. D’ailleurs, je rêve de le voir adapté au cinéma.

‒ Je pense que notre culture est aujourd’hui axée sur l’écriture cinématographique.

‒ Oui, notre culture est basée sur l’image. Elle nous influence tellement que notre écriture s’en nourrit.

‒ Moi, je me gave parfois de films avant l’écriture d’une scène importante, concédai-je.

‒ Complètement ! renchérit Brice. J’aurais peut-être mis moins de temps à écrire sans ma collection de DVD et, en même temps, ça alimentait mon esprit. J’ai mis toutes mes références à la fin du livre : Goldorak, Albator, mais aussi Star Wars, Azimov, Barjavel… Tout ce que j’ai lu ou vu en quarante cinq années de vie. Il y a plein de clins d’œil dans mon bouquin.

‒ Moi, je cherche au contraire à ne pas fourrer toutes les idées qui me tiennent à cœur, pour ne pas risquer de déstructurer mon récit.

‒ Ah mais, j’avais un plan ! Au départ. J’avais pris des notes. Par contre, à la moitié du roman, je me suis laissé aller avec une grande facilité. J’écrivais sans ligne directrice, je ne savais pas où j’allais, et c’était tout aussi intéressant.

Je le suivis sur ce terrain

‒ Jusqu’à maintenant, j’ai toujours opéré comme ça, trouvant l’excuse que, dans la vie, on ne connaît pas la fin. Après, tu remanies pour façonner un début, une fin, etc. mais j’ai toujours écrit mes histoires sans en connaître la fin.

Et la fin vola en éclat

‒ Moi, la fin, je l’ai improvisée. Je savais ce que j’allais écrire au départ mais quand tu écris 400 pages ce n’est pas pareil que quand tu en écris 100. Je ne sais pas si je serais capable d’écrire plus court. J’ai toujours été prolixe. C’est Jacques Derouard qui m’a donné le virus de l’écriture tout en me poussant à structurer avec un plan. Un conseil qui n’a pas été suivi jusqu’à la fin.

Mon premier podcast

la profondeur d'un texte se mesure parfois de l'intérieur de nos toilettes

Rimbaud est incompréhensible ?

Évidemment ! Lisez-le donc !

Mais pas n’importe où.

Son médecin lui conseille le chocolat pour son cœur. Où est le problème ?

Comment peut-on oublier ses bonnes habitudes alimentaires ?

J’avais pourtant acquis de solides connaissances en la matière : fruits et légumes bio, of course, le plus de crudités possibles, une cuisson vapeur et, évidemment, l’huile d’olive bio, ce médicament miracle. Voilà qui contrebalançait mon penchant inflexible pour la cigarette et reculait le dépérissement annoncé de la peau.

J’ai malheureusement constaté il y a quelques jours que mon visage flétrissait. C’est indéniable. J’ai un peu lu Deepak Chopra, qui m’ennuya si vite que je n’ai pas fini son bouquin intitulé “Un Corps sans âge, un esprit immortel” (par contre, j’ai étudié fort consciencieusement “Les sept lois spirituelles des super héros”). J’ai quand même retenu qu’on vieillit si on le veut bien, qu’en un sens le vieillissement est une croyance personnelle ; et je suis sûre que c’est vrai.

Mais, avec le temps, j’ai laissé les enfants façonner mes habitudes de consommation. Vous pensez ! À force d’être recalée, j’ai fini par céder : spaghettis bolognaise (dont j’ai piqué dans un film la recette fort simple de ma sauce tomate italienne), et toutes sortes de cochonneries de supermarché dénuées d’antioxydants et bourrées de produits chimiques.

Curieusement, ce matin, à Aldi, un petit vieux me demande à la caisse où j’ai déniché mon Milka. Je lui tends un lot de trois tablettes en promo et il me dit que son médecin lui conseille de manger du chocolat pour soutenir son cœur fragile.

Je sens qu’il attend mon approbation. Je me permets donc de lui expliquer qu’à part du sucre raffiné -absolument déconseillé pour le cœur-, il n’y a rien de bon dans ce chocolat-là. Ce type de mélange ne lui sauvera pas la vie.

Il repose alors le produit qu’il avait ajouté à son sac de pommes et je vais lui chercher une tablette de chocolat à 70%, un vrai chocolat agrémenté de sucre de canne bio à 0,99 euros la plaquette. Comme il hésitait, je lui offre.

C’était pour moi une piqûre de rappel.

Bien sûr, le Milka est pour ma fille, mais pourquoi est-ce que je n’achète pas, moi aussi, du chocolat pour mon petit cœur ?

Voilà bien un monde où les médecins prodiguent leur sagesse avec une générosité désarmante, qui s’arrête net aux portes de leur cabinet. Décidément, la vie moderne est pleine de mystères, que l’on s’évertue à découvrir aux caisses familières du supermarché.

Dur d’être écrivain ?

artiste écrivain lecteur

“Je suis confrontée à cette énigme depuis si longtemps qu’il est légitime de vous répondre.”

Pourquoi est-t-il si difficile d’être écrivain ?

La vie d’écrivain est un cliché qui n’a plus de secrets pour personne. Pourtant, si vous vous intéressez à cette question, au fond, c’est que vous aimeriez en être ! Et comment ? Voilà bien toute l’ironie de la chose ! L’écrivain n’est plus un secret pour personne mais, pour vous, en pratique, le mystère reste entier.

L’écrivain doit répondre à toutes sortes d’exigences, dont la plus sournoise est de concilier sa vie avec son écriture – contenant de pensées sur l’existence (la sienne propre) à transmuter en histoires (quelle qu’en soit la forme adoptée). Son rythme d’écriture n’est pas inné. Même s’il semble l’être chez les plus passionnés. À un moment ou à un autre, la question de la constance se pose.

“S’il en prend pleinement conscience, il ne pourra échapper à cet instant clé”

Le vrai problème de l’écrivain tourne autour du “être-soi” . S’y confronter l’amènera (ou pas) à devenir écrivain.

Car, s’il se fabrique un rituel journalier pour s’ancrer dans le réel, s’il tend à remplir ses cahiers de pattes de mouches ou de gros caractères bien visibles, vient un moment où il se demande où il va et si sa parole a un sens… pour lui-même et pour les autres.

Le sens des mots, le sens des phrases, le sens général et le sens de la structure, tous ceux-là se complexifient immanquablement. Mais le travail de l’écrivain peut en venir à bout si ce dernier tient vraiment à achever sa création.

Non, le plus dur ne se trouve pas forcément dans les questions les plus évidentes.

Commençons par des exemples simples, voire triviaux :

Assis, stylo en main, il tente de se suivre avec frénésie, de coucher ses visions, pensées et idées sur le papier, quand une envie d’aller faire caca l’interrompt. Le voilà bien en peine de soutenir la cadence !

Le bien avisé continue aux toilettes, s’enregistrant dedans s’il est des plus modernes. À cet exercice, ma parole bafouille et ne sort qu’en languissant; il me faut écrire.

Autre exemple : satisfait, il met le point final à son chapitre, mais se demande s’il est relié aux autres, et si son personnage s’y reconnaîtra.

Si mon héros se mettait à faire le contraire de ce que je lui demandais ? Si, au lieu d’éviter un chat sur la route, je faisais en sorte qu’il l’écrase sciemment ? Qu’est-ce que ça apporterait à l’histoire ? Qu’est-ce que ça révélerait d’une personnalité ? Est-ce ainsi qu’un personnage devient réel ?

Non, là, je vous entraîne trop vite sur les traces d’un  écrivain confirmé. Et, d’ailleurs, je n’ai pas encore observé cette approche dans la construction de mes récits. Revenons donc à la fabrication d’un écrivain.

“Quelles épreuves devra-t-il subir lui-même ?”
Comment se construit-il écrivain ?

Ah, nous y sommes enfin !  Je me suis réveillée ce matin avec l’idée que ma vie était d’un ennui mortel. Pour commencer une journée d’écriture, il y a mieux. Quelques heures plus tard, j’écris cet article. Voilà des réalités rarement établies ! Aussi fugaces qu’insistantes, toutes ces petites réalités, concrètes et existentielles, demeurent à jamais le terreau de notre écriture. La sensation que nos rêves demeurent inaccessibles est désagréable. Certes ! Elle n’en reste pas moins là, selon les jours. Obstacle ou tremplin.

Considérez l’écrivain comme une des facettes de votre personnalité

L’écrivain compose avec lui-même, avec les réalités et aléas de sa propre vie. C’est évident, imparable et, pourtant, rarement reconnu avec la justesse nécessaire. Quelle place attribuez-vous donc à ce rôle ? Vous en inventez les règles, en établissez les rituels et en déterminez les temps de présence.

“Le feriez vous avec vos armes habituelles ?”

Absolument ! À aiguiser ! Selon votre tempérament. Au final, soit vous intégrez l’écrivain qui est en vous, soit vous engagez une bataille pour le légitimer.

Un rôle parmi les multiples autres dont vous vous acquittez déjà, avec le sentiment plus ou moins net d’en maîtriser le jeu.

Êtes-vous des lecteurs de tableaux ?

Si je me présente, je m’offre à vous

Connaître un écrivain est de peu d’importance. Du moins, le devine-t-on à ses écrits.

Et, si j’étais une artiste, moi ? Mes tableaux parleraient.

Quel besoin auriez-vous alors de me comprendre ?

Vous seriez bien plus occupé à vous appréhender, à vous parler, à vous accorder à vous-même. L’art fait que vous êtes l’observateur privilégié de votre découverte.

Vous êtes un lecteur de tableaux ! Et je me livre à vous