K-part

Kalil ? 
Collaboration entre ma plume et mes sentiments inspirés de ce dessin réalisé par le portraitiste havrais Lucas Flattot. 

Une flaque de douleur asséchée au-dehors, bouillonnante au-dedans, Kalil n’était plus qu’une flaque de peur. Ce n’était pas la peine de détruire la colère ; elle grandissait tellement qu’elle paralysait tout ‒ les viscères, les veines, le sang. Ça chauffait tant que ses yeux étaient secs, brûlants, sans vie. Mais, à l’intérieur, c’était comme un ravage de lave qui drainait toutes ses eaux.

Un troupeau de bisons, comme dans le film de l’Indien que Kalil avait vu avec Saïta. Leur passage avait soulevé la terre en un nuage si dense qu’il en aveuglait l’écran. Ce souvenir le ramena à Alep, à sa terre sèche, aux odeurs pleines et lourdes de promesses, au narsharab de Saïta. Il sentait à nouveau l’odeur de caramel citronné lui emplir les narines. Lorsque sa grand-mère faisait la mélasse de grenade, c’était une grande et longue fête. La récolte et la cuisson du jus prenait du temps. À cette période, toutes les femmes se rassemblaient ; elles étaient si nombreuses, si pleines de vie. Kalil pensa fort à l’odeur acidulée et aux chants qui l’accompagnaient. Il s’accrochait à elle comme à une amie chère ‒ un bouclier protecteur, aussi, qui le recouvrait solidement, l’écrasait un peu et l’enfermait comme dans un nid. Saïta l’enveloppait de son regard amoureux, le recouvrait de plumes chaudes qui adoucissaient sa solitude.

« Tu dois tenir tête, Kalil ! » Il voyait la douceur du regard de Saïta, la bouche entravée d’un rictus guerrier l’exhortant à se lever et à faire face. Kalil reprenait peu à peu ses esprits et ses yeux s’ouvrirent grand, gigantesques, perçant la cible en face de lui. La haine couvait derrière les battements saccadés de son cœur. Meurtri, il concentrait désormais la lave destructrice en un rythme lent.

Sa mère, penchée sur un livre de compte, devenait lointaine, précise, facile à abattre. Kalil sentait qu’un jour il saurait l’atteindre avec justesse, sans état d’âme.

‒ Tu crois que je t’ai fait pour que tu deviennes un tocard ? Non ! En fait, j’ai pas fait exprès. T’es arrivé comme ça. Une mouche sur la merde. J’avais p’têt pas assez de problèmes comme ça. Et pas foutu d’en branler une ? Nom d’un chien, tu vas la mériter ta pitance, c’est moi qui te l’dis !

Elle retourna à ses pattes de mouche sur son cahier de comptes. Quand elle écrivait dans le grand livre cartonné, la table de la cuisine était bien nettoyée ; il ne fallait surtout pas faire de bruit. Mais Kalil n’avait pas vu qu’elle était installée là. Il aurait dû entendre pourtant. Le silence. Il était arrivé en courant pour demander la permission d’aller jouer dehors.

Attendre le retour de papa… j’ai encore fait une énorme bêtise. Je ne suis bon qu’à la mettre en colère : une poubelle oubliée dans le coin de la cuisine. Ne respire pas, Kalil. Non, pas l’droit ! Les fourmis m’empêchent de rester immobile, elles me torturent les jambes. J’ai peur, elles me dévorent d’en bas et remontent, prennent toute la place, ma place. Mon cœur respire encore. Mais comment fait-il ? Comment ose-t-il ? J’arrive à le ralentir mais pas à l’arrêter.

‒ Tu vas voir, quand ton père va rentrer. Tu vas l’avoir ta raclée. Tu l’auras pas volée. Bouge pas d’là !

Ralentis s’il te plaît. Arrête-toi ! Saïta… Oh, Saïta ! Je pars. Saïta me sourit. Un jour où les fourmis me mangeaient les yeux elle m’a dit : « Kalil, souviens-toi que tu es libre. Il te suffit de fermer les yeux, d’arrêter ton cœur et de partir. »

Publier pour être sauvé

Comment un écrivain surmonte les difficultés de la vie ?

comment fait-il pour atteindre la célébrité ?

N’est-ce pas la question que, vous comme moi, nous nous posons ? Bah oui, c’est bien la grande question que tout écriteur se pose, même s’il ne se l’avoue pas toujours. Alors, j’imagine qu’il fait comme moi, il écrit, il écrit et écrit encore. Mais, avant cela, peut-être vous reconnaîtrez-vous si je vous révèle que j’ai beaucoup travaillé sur moi-même pour me dépêtrer d’un nombre épouvantable de blocages et pour parvenir à inventer des fictions. La première étape consistait à sortir de la prison de l’introspection et à me sortir (les doigts du cul… pardon, c’est sorti tout seul)… sortir de moi-même !

À la question cruciale “comment accrocher le lecteur ?”

J’opte pour l’indépendance

Courir après un éditeur ne fait pas partie de mes aspirations. J’ai plutôt l’esprit mal tourné pour ça : fierté déplacée, manque de convictions socioprofessionnelles, rêves solitaires, théories éducatives faisant de moi une maman poule insufflant à ma progéniture un esprit de liberté et d’indépendance totale ; et, enfin, esprit casanier peu enclin à me soumettre à un système économique poussiéreux. Il est donc évident qu’un site internet est l’élément clé pour diffuser mes textes et accrocher une audience.

Depuis maintenant trois ans je suis les pérégrinations d’Olivier Roland

dans le rôle du présentateur du monde économique réel

J’ai beau être totalement hors du circuit économique de France, j’aime analyser les tendances futures pour trouver une issue concrète. Je pense que l’économie horizontale est la seule valable, mais elle doit bien s’appuyer sur une structure viable en devenir. Je ne m’étalerai pas ici sur l’infopreunariat et la semaine de quatre heures, d’autres y sont bien mieux préparés.

J’ai mis tous les deniers que je n’ai pas dans la formation qu’il propose

« Blogueur Pro »

Je viens d’en terminer le module 1 : comment devenir une écrivaine célèbre ? Comment gérer ses notes ? J’en ai une tonne, sans compter ma pile de cahiers noircis d’histoires, de nouvelles et de débuts de romans. Comment publier au moins un article par semaine ? Comment les rendre attractifs et quoi mettre dedans ? Comment se présenter avec authenticité et accrocher le lecteur ? C’est tout à fait approprié pour me lancer.

D’ailleurs, dans ce premier module, il livre le secret du lancement

se lancer un défi !

 

Le fer de lance de notre blog à succès ! Ça colle, non ? Comment se lancer un défi pour se booster et tenir en main le fil conducteur de son blog ? Le coup du best-seller me paraissait évident.

Après un mois de cours, j’en suis à la deuxième semaine de mise en pratique : la publication du contenu. Deuxième semaine, deuxième article ! L’autre clé du succès futur est bien évidemment l’impératif de publier les articles écrits. Ça paraît bête mais ça va mieux en le disant, en l’imposant comme l’incontournable numéro un.

Je vous écris une lettre

Pour ce deuxième article, j’avais travaillé la question de la prise de notes mais, ce matin, veille de cette publication, j’écris mes réflexions au bar de la Vallée et je m’aperçois que je vous écris une lettre. Je me dis qu’il serait plus « authentique » de vous publier cette lettre.

C’est drôle parce que ces derniers mois je cherchais une figure épistolaire pour faciliter mon travail de publication (en fait ça fait quand même deux ans que je tourne autour du lancement d’un blog). Et vous voilà ! Comme par enchantement, les futurs lecteurs que vous êtes se matérialisent dans mon esprit et vous existez avant même de le savoir. Si ce n’est pas la magie de la fiction ça !

Par quoi commencer quand on veut écrire un best-seller ?

Quand on veut écrire un best-seller
par où on commence ?

C’est toujours pareil, quand on veut faire un truc bien, il faut se poser les bonnes questions.

J’ai pourtant mis une éternité à appliquer cette règle des plus communes.

Première (bonne) question : qu’est-ce qu’un best seller ?

Pour moi, c’est une bonne histoire qui fait des millions de dollars !

D’accord, alors qu’est-ce qu’une bonne histoire ?

Ça, c’est la deuxième bonne question.

UNE BONNE HISTOIRE TOUCHE L’ENTIÈRE STRUCTURE DE L’ÊTRE.

Elle résonne à l’intérieur de nous. C’est une question d’émotions.

De là découle la troisième bonne question : qu’est-ce qu’un auteur de best-seller ?

Je l’appelle « l’effet sonar ». Parce que l’auteur d’un best-seller est une machine aussi puissante qu’un sonar. Il capte les ondes émotionnelles qui l’entourent, les incarne, les retranscrit. Ensuite, il localise « le cœur-cible » de son récit : l’émotion partagée et incarnée par le personnage principal (qui a un cœur, je dirais même “le” cœur).

Dans notre histoire le personnage principal vit un conflit intense. Pas la peine d’être emprunt de violence. Il suffit d’un conflit intérieur/extérieur que nous, lecteurs, pouvons ressentir au plus profond de nos tripes.

C’est mille fois plus efficace encore quand nous, lecteurs, sentons les choses alors que les personnages de l’histoire ne le sentent pas. Et on en a besoin, on a besoin de donner un sens à nos vies, de sentir pour comprendre ce qui nous arrive dans la vie !

Là, vous avez le pur secret du best-seller :

le héros que vous choisissez est le cœur de l’énigme !

L’écho de nos profondeurs, de nos plus fortes servitudes et de nos sourdes passions.

Là, votre histoire résonne entièrement en nous.

Regardez en face ce que nous sommes : un paquet de nœuds d’émotions.

Si vous saviez comme j’ai galéré pour écrire ce premier article ! Non pas parce que je ne savais pas quoi dire, on a tous des tonnes de trucs à dire.

Non, j’ai galéré à cause de l’enjeu : mon premier article annonçant le début d’une longue série vers la gloire. Ça c’est bon pour passer plusieurs jours par tous les états d’âme qui nous habitent.

Le point positif c’est que vous avez tout ce dont un auteur a besoin pour écrire un best-seller !

Bon, je résume :

Une bonne histoire incarne la vie : action-conflit/enjeux

L’incontournable de notre vécu délesté de son ennui, et qui suscite une foule d’émotions intenses.

Cette histoire touche le lecteur, « le récepteur » comme dirait Yves Lavandier. Elle est donc forcément « incarnée ».

Et là, accrochez-vous, parce qu’on en arrive à la question la plus essentielle à se poser : qui est mon héros ?

Une histoire qui fait le buzz est forcément incarnée par quelqu’un que l’on a l’impression de comprendre, de capter et qui nous intrigue. Le ton est là : un héros. Autant le faire durer.

Sans le bon héros, point de bonne histoire !

Il incarne toutes les émotions qui surgissent du conflit vécu dans cette histoire.

Sans le bon conflit, point de héros !

Quel héros incarnera votre histoire ?

Comment peut-il vous aider à créer votre best-seller ?

 

Répondez-nous dans les commentaires ça motive et ça fait avancer le schmilblick.

À tout de suite en bas de page. Biz