Comment développer son talent d’écriture ?

Pour devenir un auteur à succès, il faut comprendre une chose : devenir auteur c’est devenir un héros ! Le voyage de notre héros ou de notre héroïne est un voyage parallèle au nôtre. Un héros passe des épreuves et se relève, il dérouille tellement que le lecteur soutient son ascension avec toute la force de conviction dont il est capable

L'écrivain doit-il se raccrocher à une formation ?

Pourquoi se former en écriture alors qu’on a tous les cours possibles à portée de main sans débourser un rond ? Depuis que j’ai démarré ce blog j’ai bien tâtonné. Et dans mes coups de déprime, j’avais toujours une super nana qui, avec talent, sincérité et conviction, me proposait l’aventure de ma vie dans une super formation en écriture. Bien sûr, on a tous besoin de se former tout au long de notre vie. Mais je pense que me raccrocher à quelqu’un qui me semble plus capable que moi, n’est pas la meilleure façon d’avancer dans mon initiation. Entre soutien et dépendance, la marge est toujours délicate.

l'écriture est une musique
Le talent d'écriture est une musique qui se joue en nous tous

L’auteur a-t-il intérêt à compter sur lui-même ?

Me sentirais-je plus capable en suivant une formation ? Tout dépend du chemin parcouru. Apprendre à puiser « la force qui est en nous » revient à compter sur notre potentiel, et à le développer. Si je prends mon exemple, j’ai mis une éternité à comprendre qu’une formation ne changerait pas mon sentiment d’incapacité trouble et sans fondement que je rumine. C’est rarement son rôle, même si le marketing de cette dite formation nous assure du contraire. Certains formateurs avouent que 90 % de leurs inscrits abandonnent rapidement. Ils ont beau être les plus motivants du monde et nous offrir une super méthode, la plupart d’entre-nous espérons secrètement que leur formation fera le boulot à notre place.

Alors, comment se raccrocher à soi ?

Ceci étant dit, la grande question serait : qu’est-ce qu’on fait pour se raccrocher à soi-même ?  On change radicalement de point de vue. On apprend à se manipuler et on se raccroche aux vertus de l’héroïsme dont nous sommes tous dotés. La capacité à se soutenir soi-même est l’élément incontournable qu’il nous faut développer. Cette capacité à croire en notre héroïsme est la seule véritable clé de notre talent ! Bon, si vous avez lu mon bonus, vous avez déjà une idée et, je l’espère, une pratique de votre talent d’écriture. Maintenant, moi, j’en suis à cette étape redoutable (en apparence) du PLAN.

Comment se raccrocher à un plan avec peps ?

Un bon roman ne peut s’en passer. Alors, si vous rêvez, comme moi, d’écrire un best-seller, y a pas à tortiller, il faut en passer par là. Créer un plan n’est pas une étape sans vie où nos personnages sont épinglés au mur comme des poupées de chiffon. Non, je dis « une étape redoutable en apparence » car j’imaginais cette épreuve comme une mort émotionnelle. Après des années d’écriture fondée sur le plaisir et l’insouciance (la fameuse immersion dont je parle dans mon bonus), je découvre que l’incontournable plan d’un roman est une phase méga excitante ! Si si, je vous assure. Et je vais vous le prouver !

Faire le plan de son histoire est une étape méga-excitante. Mais seulement quand on est prêts !

Comment fonctionne un roman ?

Avant de s’éclater à écrire un plan, il vaut mieux d’abord s’éclater à inventer son histoire. Quelle que soit la forme que nous sommes capables de lui donner, nous aurons matière à remplir les étapes de notre plan. Je rappelle brièvement qu’une histoire met en scène des personnages, et que l’auteur les mène d’un point A vers un point Z en passant par un labyrinthe savamment construit par la suite.  Notre rôle est de les obliger à faire quelque chose. Finalement, cela revient à dire qu’un romancier opère une manipulation mentale sur des personnalités distinctes.

Quelle est la fonction du récit ?

Tout romancier qui se respecte devrait donc manipuler des émotions et des opinions de départ pour les faire évoluer (ou pas, selon le sens de son propos). Mais, attention ! Un écrivain de talent sait une chose que peu d’entre-nous comprennent : si quelqu’un doit grandir, dans son histoire, ce sera son lecteur. Et pour réussir cet exploit, il devra faire appel à des sentiments puissants tels que le rejet ou l’empathie. La fonction du récit consiste à nous faire grandir ou à nous aider dans l’interprétation de notre monde, à apprivoiser nos émotions et à donner du sens aux évènements que nous vivons.

La technique du changement

Une histoire a un point de départ et un point d’arrivée autour d’un pilier central (le protagoniste). Ceci étant dit, prenons le point de vue d’un auteur qui crée un héros changeant de personnalité au cours de son histoire. Il doit alors travailler la trajectoire d’un héros qui évolue. Ce changement opère comme un voyage intérieur. La technique de faire évoluer un autre personnage proche du héros est une variante narrative. Cet « autre » provoque une telle influence sur le héros que le changement tant attendu opère : c’est le moment clé du récit

changement
Le changement trajectoriel du personnage est comme un voyage intérieur (photo Gerd Altmann)

La puissance du héros

Pour en faire un outil puissant, l’auteur doit pousser le lecteur à s’identifier aux personnages en les faisant bien dérouiller avant la ligne d’arrivée, s’ils y arrivent.

En résumé, si un auteur décide de créer un héros qui change de caractère et d’opinion, il doit miser sur la création d’une grande trajectoire interne (psychologique) qui permet au lecteur d’adhérer aux valeurs de ce changement et à l’objectif qui s’y raccroche.

La démonstration de Derren Brown

l'univers mental
Un écrivain est un véritable manipulateur (photo Jonny Lindner)

Maintenant, je vais vous parler du travail de Derren Brown,

le mentaliste et hypnotiseur anglais.

Quel rapport avec l’auteur d’un roman, me direz-vous ?

Je dois déjà vous prévenir que je mélange allègrement écriture de roman et de scénario. La confusion aujourd’hui est d’ailleurs monnaie courante. Nous baignons dans la culture des vases communicants ! Je vais analyser pour vous “Sacrifice”, un reality show où Derren Brown donne carrément un cours sur la création d’une histoire à sensation et joue son meilleur rôle d’auteur : celui du manipulateur d’émotions.

(Voir l’analyse complète dans mon précédent article) 

Dans ce documentaire magistralement scénarisé, Derren Brown sélectionne un candidat américain aux opinions bien arrêtées sur les immigrants mexicains. Par un tour de passe-passe qu’on peut sans hésiter qualifier de manipulation psychologique poussée, l’illusionniste parvient à reprogrammer les opinions de son candidat jusqu’à l’issue annoncée. Dans une mise en scène digne d’une superproduction hollywoodienne, le pauvre cobaye se prend une balle à la place d’un sans-papiers. Les émotions sont bien au cœur de cette démonstration.

Comment créer un héros

Derren Brown fait d’un homme un personnage, rien que ça ! Alors qu’il affiche une parfaite empathie envers sa victime parfaite, il démontre que nos pensées et convictions ne sont qu’un ramassis confus d’opinions infondées. Et qu’une action ciblée sur la conception que nous avons de nous-mêmes, de notre propre image, permet de transformer radicalement le regard que nous portons sur le monde et les autres. En fait, nos opinions sont fondées sur les histoires que nous nous racontons, et nous croyons dur comme fer qu’elles nous définissent. Voilà bien l’erreur commune qui nous emprisonne !

Derren nous fait un cours magistral sur une application pratique de son talent. Il prend un point de départ (un candidat aux forts préjugés d’appartenance), annonce son intention (« Je veux créer un héros ») et démontre les mécanismes de sa fabrication. J’ai trouvé sa démonstration géniale ! C’est comme dans son spectacle « Miracle », il nous démontre que notre méconnaissance des mécanismes du présent — dont nous sommes en réalité les seuls dépositaires — nous empêche d’apprécier toute la puissance de notre mental.

La puissance du présent
Notre dissociation avec le Présent (photo de Gerd Altmann)

À la recherche de notre héroïsme

Comme tout bon auteur, Derren Brown a une intention de départ : nous démontrer que nous vrillons continuellement entre passé et futur sans concevoir notre juste appartenance au seul moment présent. Maîtrisant cette intention forte de nous faire évoluer, il parvient à nous  entraîner avec passion dans le voyage de son héros auquel nous nous identifions. Pour moi, Derren Brown est un grand conteur qui maîtrise la puissance du récit et démontre que la manipulation mentale est la clé du succès de l’auteur.

L’héroïsme est une vertu supérieure incarnée à l’origine par le demi-dieu (définition mythologique du héros), mais l’homme peut lui aussi aspirer à ce statut. Le culte du héros demeure toujours aussi essentiel pour nous aujourd’hui. Et le grand talent de Derren Brown est de nous prouver que nous le sommes tous. Il expose les mécanismes du devenir d’un héros. Concrètement, il plante les graines du changement. Il répond aux aspirations profondes qui nous animent  de devenir notre héros (réfléchissez bien avant de vous dire « non, pas moi »).

Devenez l’auteur-héros auquel vous aspirez

Ce moi-héros n’est autre qu’un soi complet, débarrassé de ces histoires qui nous forcent aux jugements erronés que nous nous racontons sur nous-mêmes et sur les autres.

Pour devenir un auteur à succès, il faut comprendre une chose : devenir auteur c’est devenir un héros ! Le voyage de notre héros ou de notre héroïne est un voyage parallèle au nôtre. Un héros passe des épreuves et se relève, il dérouille tellement que le lecteur soutient son ascension avec toute la force de conviction dont il est capable.

Un auteur parcourt les mêmes chemins, tombe dans les mêmes pièges et dégringole des montagnes entières. S’il a conscience que son intention n’est autre que d’atteindre son statut d’auteur-héros, il gravira chaque parcelle de cette montagne avec toute la puissance nécessaire pour relever le défi. Pour la simple et bonne raison qu’il aura compris l’enjeu du voyage.

C’est seulement à ce moment là qu’il comprendra l’importance de la carte. Ainsi, son excitation d’y voir l’emplacement du trésor chaque fois qu’une épreuve le terrasse, provoquera une telle montée d’adrénaline qu’il remontera en selle et continuera le voyage jusqu’au bout.

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À  tout de suite 🙂

Secrets d’écrivain enseignés par Derren Brown

Dans « Sacrifice », un reality show d’envergure, Derren Brown opère une véritable manipulation mentale sur un individu lambda qui répond à deux critères essentiels : ses préjugés d’appartenance à un groupe et sa capacité d’empathie. On est en plein dans le « récit de caractère »

Nos rêves d'héroïsme

Qu’est-ce que l’héroïsme ? Comment devenir un héros ou, pour être plus précis, comment devenir ce héros dont nous rêvons ? Comment devenir notre propre héros ? Cet être unique à qui nous confierions notre vie en toute confiance. Bref, comment devenir ce soi complet, à défaut d’être parfait, que nous aimerions inconditionnellement ?

Comment devenir un héros ?

Dans la définition de l’héroïsme, converge un lien intrinsèque entre humanité et divinité. La première étape pour devenir un héros passe par la déconstruction de nos convictions nées des histoires qu’on se raconte depuis notre plus tendre enfance et qui n’ont cessé de s’affirmer tout au long de la vie. Elles se basent sur l’amour reçu, l’éducation, les jugements et opinions extérieurs, le regard de l’autre. Elles forgent l’opinion que nous avons de nous-mêmes et s’intègrent si bien à notre système de valeurs qu’elles nous définissent.

Cependant, si nous voulons réaliser nos rêves, il est nécessaire de « lâcher l’histoire » afin de nous permettre de vivre celles que nous désirons. C’est le grand principe d’une histoire et Derren Brown nous en fait la démonstration.

Sacrifice, ce film dont vous êtes le héros

Créer un héros
Documentaire de Derren Brown. Une production Netflix

Dans Sacrifice“, ce reality show d’envergure, Derren Brown opère une véritable manipulation mentale sur un individu lambda qui répond à deux critères essentiels : ses préjugés d’appartenance à un groupe et sa capacité d’empathie.

On est en plein dans le « récit de caractère » où l’auteur choisit un trait de caractère à faire évoluer chez son héros, et une qualité qui lui permettra d’opérer ce changement.

Comme dans tout bon roman de caractère qui se respecte, c’est un homme ordinaire au départ de l’aventure. D’ailleurs, Derren Brown fait de son film un cours magistral sur les mécanismes de base d’un bon scénario.

Comment créer un héros ?

Tout commence par un gros mensonge. Derren organise un casting et trouve son candidat idéal qui pensera être sélectionné avec six autres élus (qu’il ne verra jamais puisqu’il est en réalité le seul cobaye !) pour participer à une expérimentation pilote.

Celle-ci consiste à tester pendant plusieurs semaines une invention biotechnologique permettant  d’améliorer ses capacités psychiques. S’il accepte, sa qualité de vie s’en trouvera grandement améliorée. Pour cela, notre cobaye devra se faire implanter une micro-puce dans la nuque (c’est un leurre, un placebo !), et écouter des méditations guidées avec un stimulus sonore chargé de renforcer son pouvoir de décision. L’homme accepte et l’aventure commence.

Derren Brown annonce la couleur au spectateur : « Je veux créer un héros qui sacrifie sa vie pour sauver un parfait étranger ». Bien sûr, notre cobaye ignorera tout de son intention, rêvant de s’élever au rang de super-héros.

Comment s’enferme-t-on dans les histoires qu’on se raconte ?

L’illusionniste justifie la monstruosité de sa manipulation (« je prends vos pensées, j’en suggère d’autres ») en invoquant la valeur de sa  démonstration : la violence exercée au nom de la défense de notre groupe, de notre identité raciale, peut être déconstruite et reprogrammée en son contraire. Tout dépend des histoires auxquelles on appartient. On s’y accroche si fort qu’elles définissent qui nous croyons être.

Derren Brown nous prouve que nous en avons rarement conscience. À tel point que nous acceptons l’inacceptable avec une désolante inconscience. Il est si facile de nous tromper ! Ce sont ces histoires qui nous enferment dans notre identité factice. À déconstruire absolument pour nous en libérer !

L'application "Turbine" de Derren Brown : méditations guidées et stimuli intégrés pour renforcer la manipulation
Images subliminales
Tout au long de l'expérience, des images suggestives seront placées un peu partout dans l'environnement de Mike. Comme ce ventilateur rappelant l'hélice de l'application "turbine"

Leçon de déconstruction

Après avoir planté le décor, Derren Brown annonce son intention de changer notre homme. Au départ, celui-ci affiche une forte appartenance à la race blanche. À l’arrivée, il devra éprouver une forte empathie pour un émigré illégal en détresse, au point de se sacrifier pour lui.

Derren Brown veut le conditionner à devenir un héros. Il montrera au passage comment se libérer de notre histoire, celle que nous forgeons au cours de notre vie, et qui nous fige littéralement en une image subjective et limitée de soi.

Pendant plusieurs semaines, se déploie sous nos yeux tout l’arsenal du bon hypnotiseur :

suggestions et métaphores se succèdent dans un jeu de « recalibrage » mental dont notre homme s’imbibe avec consternation.

Les arcanes de la manipulation

Petit à petit nous repérons le nœud central dans cet enchevêtrement d’exercices et de rituels. L’expérimentation se cristallise autour de la question des « deux camps » : un jeu se met en place entre deux sentiments contraires, deux pensées contradictoires, deux émotions conflictuelles. Et, comme tout héros qui se respecte, l’homme va être poussé dans ses retranchements, poussé à surmonter ses peurs les plus enfouies, conscient des bénéfices supposés de devenir meilleur en maîtrisant la force qui est en lui. Le fait qu’il pense être une sorte d’homme bionique permet d’accélérer le processus.

Leçon de construction

La dernière étape de ce conditionnement consistera à travailler son empathie envers les « étrangers » (les mexicains en particulier et tous les basanés en général). Un test ADN (vrai et certifié cette fois) détruit ses convictions les plus profondes sur « son véritable moi » à défendre sans ciller contre l’envahisseur. C’est le point de basculement tant attendu. L’adhésion au changement est alors amorcée, et une nouvelle histoire introduite dans l’esprit de notre homme. Pour l’y ancrer, l’homme (il s’appelle Mike) sera soumis à de nouvelles épreuves qui ont toutes pour but de déclencher des émotions fortes allant crescendo. Cette fois, il ne s’agit plus de décupler son courage mais son empathie.

Mike, ce héros qui s'ignore
Point de basculement : Mike a opéré son changement de trajectoire psychologique. Un héros est né

Le point de non-retour

Ce point de basculement est l’élément clé d’un récit de caractère. Vient ensuite pour l’auteur la préparation rigoureuse du dénouement (le nœud dramatique le plus intense). Mais, contre toute attente, Derren Brown remercie Mike. L’expérience est terminée et Mike rentre chez lui en apparence satisfait. Est-il soulagé ou déçu ? Nous ne le saurons pas. Ce qui est sûr c’est que Derren prépare la chute avec la plus grande minutie. Ce nouveau mensonge sert son dessein. Un temps de latence permettra à Mike d’intégrer ses nouvelles croyances et renforce les chances de succès de sa manipulation.

Pourquoi nous libérer de nos croyances identitaires ?

Tout au long de son docu-fiction Derren Brown nous rappelle son intention : mener Mike à se sacrifier pour un étranger, ce moment ultime d’agir. Mais l’incertitude demeure et le spectateur doit, comme il se doit, suivre la fin du récit pour en connaître l’issue.

« Tout cela est à propos de ce que nous sommes capables d’accomplir, conclut-il, lorsqu’on se libère de toutes ces histoires. » 

Toutes les histoires nous racontent la même chose : nous sommes prisonniers de notre histoire si nous croyons l’être ! Avez-vous fait de votre histoire une prison ? (voir mon article “Comment développer son talent d’écriture”) Si oui, comment la déconstruire ? Et, pourquoi ? Pour en faire une nouvelle ? En quoi ça nous libère ?

Se sentir capable de choisir sa propre histoire identitaire semble être un fameux challenge. Les suggestions du mentaliste allant dans le sens du « saut en avant », du « pas vers l’inconnu », poussait Mike au dépassement de ses peurs et de ses limites connues.

Pourtant, Derren avouera finalement à ce pauvre Mike : « C’était juste toi ! » Fin de la leçon.

L’archétype du héros

“Le Guide du scénariste” approfondit l’usage de l’archétype dans la construction du récit. Christopher Vogler pousse l’écrivain à s’attacher à des personnalités symboliques, pour ne pas se perdre.  Mais, s’il identifie parfaitement le héros

ALEXANDER DREYMON
The Last Kingdom, d'après la série de Stephen Butchard, avec ALEXANDER DREYMON

Christopher Vogler dans « Le Guide du scénariste », soutient que « les archétypes appartiennent au langage universel du récit ». Pour lui, ce sont des structures récurrentes que l’écrivain ou le scénariste doit absolument maîtriser pour faire vivre son récit. Si une histoire ne peut se passer de héros, un héros ne peut se passer des archétypes. Ces « symboles personnifiés des différentes qualités et défauts de l’âme humaine », dit C. Vogler.

Semblables aux arcanes du jeu de tarot, ils s’incarnent dans tous les personnages de notre histoire et permettent aux héros d’opérer une sorte de transfert. « Assimilant l’énergie des traits de caractère des autres personnages pour les faire siens et devenir un être humain achevé »(Sic). Pour ce faire, un écrivain doit cerner les jeux de miroirs que sont les jeux d’acteurs.

Comment fonctionne l’archétype dans l’histoire ?

Pour moi, les archétypes sont des organes de l’âme, cet être éthéré directement relié à la conscience collective, cette individualité reliée au Grand Tout, et qui implique de créer des personnages aux fortes symboliques universelles. Le personnage incarne avant tout un ressenti partagé par le lecteur, bien avant d’incarner une fonction du récit.

“Le Guide du scénariste” approfondit l’usage de l’archétype dans la construction du récit. Christopher Vogler pousse l’écrivain à s’attacher à des personnalités symboliques, pour ne pas se perdre.  Mais, s’il identifie parfaitement le héros comme la fenêtre qui ouvre le récit, le lecteur de ce guide risque de confondre caractérisation et identification (voir le glossaire de l’écrivain incollable)

Le héros porte en lui notre désir de reconnaissance

Pour revenir aux enseignements de Vogler (à l’ambition affichée de former des scénaristes au succès hollywoodien), le héros est chargé d’assurer l’adhésion du spectateur.

Comment ? En lui attribuant des traits identifiables par tous. Chacun doit ressentir les aspirations et les motivations qui l’habitent.

Un guide à l'ambition hollywoodienne

Rien à créer ! Rappelle Vogler

Ces motivations universelles sont les piliers incontournables de toute histoire, de tout parcours.

De la capacité à donner un sens à sa vie, à celle de recevoir la grandeur de ce qui nous relie les uns les autres, ces motivations, dit Christopher Vogler, se résument en un désir surpuissant, le seul, peut-être, qui vaille vraiment la peine d’écrire (ça c’est de moi), c’estle désir d’être aimé et compris.

C. Vogler identifie, tout au long de ce guide, huit fonctions archétypales élémentaires incarnées par les personnages d’une histoire :

le héros (le don de soi), le messager (l’appel à l’action), le sage (la marche), le magicien (le passage), le gardien (l’obstacle au passage), etc.

Mais prenez ce tableau comme un de ces pense-bêtes qui permet de faire le point sur l’accroche et l’adhésion du spectateur (ou du lecteur – c’est pareil).

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C'était - Le Héros - /10"

L’écriture d’une histoire ne peut se passer d’un héros. L’importance de l’archétypre est tout aussi essentielle à maîtriser. D’après “Le guide du scénariste de Christopher Vogler.