Les espaces-temps de l’écriture romanesque enfin révélés

Comment inventer l’enfance d’une super-héroïne qui rivalisera avec les plus célèbres personnages des comics américains ? J’y réponds en live et en 3 mois. Dans l’écriture d’un roman, il existe des espaces-temps où l’imagination s’emballe, mais que nulle trace écriture ne porte habituellement à l’attention du lecteur. J’y remédie à l’instant.

Un mois s’est écoulé depuis mon annonce d’écrire un roman en trois mois avec mon fils. Comment inventer l’enfance d’une super-héroïne qui rivalisera avec les plus célèbres personnages des comics américains ? Je nous donne encore deux mois pour y répondre en live ! Aujourd’hui, l’hiver nous plonge dans une période d’incertitudes et de défis, alors que nous suivons ensemble l’évolution de cette histoire. Une certaine fébrilité nous gagne. Il est donc temps de vous divulguer l’existence d’espaces-temps dans l’écriture d’un roman, dont on ne trouve habituellement nulle trace écrite. Ces phases de flottement où l’imagination s’emballe, de création latente que je souhaite ici porter à l’intention du lecteur.

Grâce à vous l’écriture de ce roman prend une dimension fantastique !

Les rouages de l'écriture-Photo de Kellepics
Les Rouages de l'Écriture : "L’expérience de la partager au fur et à mesure nous embarque dans une dimension vraiment fantastique !" - Photo de Kellepics

L’écriture hivernale

L’hiver me ramolli, pas toi ? Ce matin, ma séance d’écriture fut courte, comme celle d’hier. Avec ce froid, les doigts gèlent vite et j’ai beau avoir cherché toute l’année un lieu plus inspirant, le bar de mon quartier est celui où j’écris le mieux. À L’intérieur, il y a même une petite pièce arrière pour m’accueillir en cette période de froid mais, je ne m’y résous pas. Non, il n’y a que la terrasse, la pénombre du matin (un ciel rose me regardait écrire ce matin), et mon café-crème fumant que Jimi s’escrime à faire mousser rien que pour moi (avec un bruit de percolateur horripilant) pour me mettre en train.

Inventer une super-héroïne qui rivalise avec les géants américains...

Ça vous tente ?
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Les personnages se baladent dans mon quotidien

Même si mes deux dernières séances d’écriture furent abrégées par le froid, les personnages de mon roman m’habitent de plus en plus (voir notre défi « J’écris un roman en 3 mois avec mon fils »). Depuis que la cuisinière se dessine, avec ses blessures et ses espoirs, ses cheveux roux et ses taches de rousseur, son sourire franc, sa langue bien pendue et ses sentiments, je fais plus volontiers la cuisine. Je pense à elle, je comprends mieux ce qu’elle a vécu, j’imagine son enfance dans un trou paumé près de la forêt d’Irati, où elle cueillait des cèpes avec sa grand-mère.

Partager cette écriture en live est une expérience inouïe !

Depuis que Cécile se révèle, je l’aime de plus en plus, elle m’impressionne. D’ailleurs, j’ai lu à Anton les dernières scènes que je ne vous ai pas encore mises en forme. L’histoire nous happe un peu plus chaque jour. L’expérience de la partager au fur et à mesure nous embarque dans une dimension vraiment fantastique ! Le prochain épisode que je vous livrerai passera directement au deuxième incident déclencheur. Sinon, on ne tiendra pas la cadence. En plus, mieux vaut vous partager les scènes d’action. Vous y voyez une lenteur passagère ? Oui et non… je vais vous expliquer.

L’univers d’un roman contient forcément l’identité culinaire de ses habitants

La réécriture d’une scène peut prendre du temps

J’écris mes textes à la main. Je les tape ensuite, titillant chaque mot, soupesant leur pertinence, fouinant aussi la cohérence de mes descriptions. Par exemple, dans le prochain épisode, Victoire se souvient de sa rencontre avec Antoine, son patron. Elle n’avait que 17 ans, lui n’en avait que 25. Il dirigeait déjà plusieurs grosses entreprises et se retrouva par hasard dans le restaurant miteux où elle bossait.

Et voilà que je me perds, à la recherche d’un bord de route où il pourrait être posé, ce restaurant. En parcourant la carte, j’imagine ce qu’Antoine pouvait bien faire dans un trou paumé des Pyrénées. Plusieurs scénarios tournent dans ma tête, mais l’omelette aux cèpes de Victoire revient à mon intention et je laisse mes hypothèses en suspens.

l'identité culinaire du roman - Photo de Pexels
l'identité culinaire est une dimension intéressante dans la création d'un univers romanesque - Photo de Pexels

La création culinaire, bien souvent, vient pimenter le récit

 Ah, la cuisine dans les romans ! Elle a parfois une place qu’on ne lui attendait pas ! C’est cette omelette-là qui sauve Victoire d’un destin peu enviable. Antoine, de son côté, devait être là pour des raisons peu orthodoxes, comme il s’en trouve beaucoup dans son business de l’industrie énergétique. Mais le bien et le mal n’est qu’une affaire de rhétorique. Chez l’homme, la réalité complexe est à servir bien chaude. Et c’est pourquoi la cuisine de Victoire aura toute sa place dans ce roman. Pour réchauffer les cœurs et rappeler qu’un homme contient en lui toutes les facettes de l’humanité.

L’univers d’un roman a besoin de corps

Je pense aux « Nicolas Le Floch », la série des romans policiers de Jean-François Parot. Ses épisodes sont toujours agrémentés de recettes fameuses de l’époque (Nicolas Le Floch est un lieutenant de police au service de Louis XV et de Louis XIV). Je ne raffole pas des romans policiers, mais j’aime ceux qui présentent des personnages fouillés, à la psychologie originale. Bref, tout ça pour dire que l’écriture du roman avance à petits pas et, qu’avec ce froid, mon esprit se réfugie dans la chaleur d’un univers bouillonnant, traînant à s’exprimer tout entier sur la page.

Les profondeurs psychologiques de l’écriture de roman

machinerie de l'esprit-Photo de Kellepics
La Machinerie de l'esprit : "Le lecteur se dira même, logiquement, que la mère doit être dotée de certains pouvoirs, non ?" - Photo de Kellerpics

L’écrivain se questionne pour répondre au lecteur

C’est amusant quand j’y pense. Vous me demandez la suite, et voilà que je vous fais attendre. Je ne sais pas ce qui me pousse le plus dans mes retranchements. Seraient-ce mes propres questionnements de plus en plus pressants sur les personnages, sur leur enfance, sur leur caractère, sur leurs valeurs et sur leurs aspirations les plus secrètes ? Ou serait-ce l’avancée de l’intrigue qui me presse tout autant de l’écrire d’une seule traite ? Après l’épisode 4, un autre événement déclencheur pousse la mère (Cécile) à agir. Nous soupçonnons alors que Cécile sait que sa fille n’est pas comme les autres. Le lecteur se dira même, logiquement, que la mère doit être dotée de certains pouvoirs, non ?

Rendre l'aventure fantastique...

Tu me suis, là ?
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Le romancier se confronte à tous les points de vue

À la lecture des dernières scènes, Anton confirme cette hypothèse. Je lui explique que la famille est au pied du mur, et que ses membres vont devoir bientôt se réunir pour trouver une solution au « cas Line ». Ils vont devoir mettre les choses au clair, bien que chacun ait une vision différente de la situation. Anton exprime alors une envie bien légitime. Qu’un autre personnage possède les mêmes pouvoirs que Line. La nourrice, par exemple. Je lui réponds que ce ne serait pas logique. Par contre, je pense que Cécile, la mère de Line, a des pouvoirs similaires, mais qu’elle ne les a pas développés de la même façon.

Comparer ses héros à d’autres caractères

Contrairement à Line, Cécile a cherché à cacher ses pouvoirs pour ne pas faire de tord à ses parents adoptifs. « Oh ! s’exclame Anton. La mère a développé ses pouvoirs pour être super intelligente ! Dans Heroes, il y a une meuf qui sait refaire n’importe quel truc, juste en regardant quelqu’un le faire. » Je me souviens effectivement d’un personnage de la série qui a juste à regarder un cours de karaté pour savoir le refaire à la perfection. Intéressant ! J’ai justement commencé à peindre le portrait de mes personnages, et Cécile a développé une force de caractère hors du commun, assurément.

heroes série tv culte de super-héros
"Heroes" ! La série tv culte de super-héros en nombre croissant

Les dimensions parallèles dans le processus d’écriture

Connexions psychologiques - photo de Kellepics
"Je réfléchis à la manière dont chacun des personnages sont connectés aux pouvoirs de Line" - Photo de Kellepics

Comprendre les connexions psychologiques entre les personnages

Luttant seule dès son plus jeune âge contre la manifestation de ses pouvoirs, Cécile a dû cacher les symptômes physiques liés à cette résistance. L’idée d’Anton permettra de mieux imaginer comment elle y est parvenue. Aujourd’hui, Cécile est mère. Elle espérait probablement que Line n’ait pas à vivre les mêmes difficultés. À tel point qu’elle s’est peut-être voilé la face. Avant d’aller plus loin, je réfléchis à la manière dont chacun des personnages sont connectés aux pouvoirs de Line. Je veux dire, leur manière de les interpréter, de les comprendre. Leur manière de voir la réalité en face, ou bien de l’occulter.

C'est quoi son nom, déjà ?

LINE D'HARANGUIER
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S’inspirer d’autres lectures c’est entrer dans des univers parallèles

Depuis deux jours, j’écoute « Voyage au-delà du corps, l’exploration de nos univers intérieurs » de William Buhlman. Il décrit ses sorties de corps et propose des exercices pour inviter le lecteur à expérimenter l’affaire. À suivre… Ah oui ! s’exclame Anton. Comme les personnes au bord de la mort et qui ont des hallucinations ! Ou alors, c’est vrai… » On verra si c’est vrai, en effet. J « Voyage au-delà du corps » est un livre audio que j’écoute en m’endormant, pour trouver des idées. Je dois absolument décrire ce que vit et ressent notre petite Line. C’est un bon moyen d’alimenter l’inspiration du matin, je vous le conseille.

Apprivoisez le livre audio, un objet fascinant !

Le livre audio, c’est bizarre. Au début, quand je me suis abonnée chez audible, j’ai eu beaucoup de mal. Je m’endormais systématiquement à l’écoute d’un livre. Alors, j’ai surtout choisi des essais sur l’entrepreneuriat, et je prenais des notes. J’ai trouvé ça merveilleusement efficace ! Plus besoin de tenir le livre tout en notant. En plus, j’ai lu un article dans Science et Vie qui affirme que le cerveau traite lecture et écoute exactement de la même façon. Je ne sais pas s’il faut en conclure que nous le digérons tout aussi bien, mais je pense que s’il y a une différence d’assimilation, les deux sont à tester. Bref, pour moi, le livre audio est devenu un objet fascinant !

L’écrivain engage sa propre vie dans le travail d’écriture

L’écrivain engage sa propre vie dans le travail d’écriture
"L’écriture de fictions nous ramène forcément aux dures réalités de la vie en société." - photo de Gellinger

Tout artiste devrait penser à son indépendance

À ce propos, je viens de trouver le livre le plus formidable qui soit pour tous ceux qui veulent se lancer dans le monde des affaires. Personnellement, je pense que les artistes et tous ceux qui aspirent à vivre de leur art devraient prendre leur carrière en main et se former pour être indépendant. Ce blog a aussi vocation à inviter les artistes à vendre leurs œuvres eux-mêmes, mais pas comme des commerçants indépendants, plutôt comme des créateurs de systèmes. La route est longue, mais s’il y a bien un livre que je conseillerais désormais c’est « La prodigieuse machine à vendre » de Chet Holmes.


Line n'est pas seule...

Suis-nous !
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L’écriture de fiction est une véritable incursion dans la réalité

Comme il est dit dans la préface, cet auteur est un conteur hors pair. Chet Holmes nous explique de la plus merveilleuse, de la plus évidente des façons, comment je dois présenter mon roman pour le vendre, comment je dois me préparer à être la chef éclairée de ma future entreprise, et comment je suis assurée de la faire grandir. J’en oublierais presque l’écriture ! Non, je plaisante, mais c’est dur de garder la tête dans les nuages quand un tel livre vous ramène si bien les pieds sur terre. D’ailleurs, soyez sûr d’une chose : l’écriture de fictions nous ramène forcément aux dures réalités de la vie en société.

L’auteur vient à interroger les mécanismes de pensée de ses personnages

Cet article n’est pas là pour justifier le retard de l’épisode 5 de notre défi « Un roman en 3 mois avec mon fils », mais bien pour rappeler que l’écriture d’un roman n’est pas linéaire. Après l’avancée passionnante de notre histoire, je m’engage, ces derniers jours, dans les rouages de la vie. Pour chacun des personnages mis en scène, je suis à l’affût de réponses. Quelles sont les valeurs pour lesquels ils se battraient jusqu’à la mort, pour lesquelles ils seraient prêts à trahir ou à tuer ? Quels sont les actions qu’ils sont forcés de faire, de cacher, et qui les obligent à mentir ? Quelle est la réalité même de leur système de vie ? Qu’est-ce qui les fait souffrir ou vibrer ? Qu’est-ce qui les anime vraiment ?

La fiction est le miroir étincelant de la réalité sociale

Les revers de la réalité – Photo de Geralt
Les revers de la réalité : "Alexandre Langlois décrit ici un système de corruption généralisé de l’État français" - Photo de Geralt

Les informations extérieures nourrissent la compréhension de son propre récit

Ces derniers jours, toute information qui m’interpelle me transpose dans l’écriture du « Projet Line ». Je vous donne un exemple très concret. J’écoutais Alexandre Langlois, secrétaire général du syndicat de police Vigi, sur Thinkerview. Cet entretien date de janvier dernier (presque un an, donc). Entre temps, ce policier spécialisé dans le renseignement est actuellement suspendu de ses fonctions pour avoir systématiquement attaqué la politique répressive du gouvernement. Un lanceur d’alerte au sein de la police, en somme. Au cours de cet entretien, il évoque l’histoire d’un commissaire de police qui, sous l’emprise de l’alcool, prend sa voiture et tue un enfant. L’affaire, loin d’être jugée, est vite « arrangée ».

La réalité est un puits d’invraisemblances

L’homme est promu et la famille de la jeune victime reçoit 300.000 euros pour le prix de son silence. Alexandre Langlois décrit ici un système de corruption généralisé de l’État français, ni plus, ni moins. Cette histoire me fait imaginer dans quel monde vit le père de Line, Antoine d’Harranguier. Quelles décisions doit-il prendre pour couvrir ses PDG, pour étouffer des accidents de travail dus à des failles de sécurité, ou encore pour soudoyer des agents de l’État afin d’avoir un permis de polluer ? L’Homme est socialement assujetti à un groupe. Ce  qui l’amène souvent à agir pour défendre son appartenance, sans même y penser.

L’écrivain cherche le mensonge dans une toile tissée de vérités

Cette histoire, rappelle Alexandre Langlois, a été relatée dans la presse, mais nous sommes trop occupés à gérer les invraisemblances du quotidien pour relever la tête. La loyauté envers la hiérarchie ou la responsabilité envers le maintien d’un système pousse chacun d’entre-nous à fermer les yeux sur les conséquences probables des « obligations » exigées par cet invraisemblable système. Ainsi, si nous agissons conformément à nos propres valeurs, nous apprenons à occulter les dommages collatéraux que nous causons, et nous respectons en priorité la loyauté envers le groupe. Nos propres valeurs sont donc soumises à des distorsions inconscientes pour paraître respectées. La frontière entre le bien et le mal est floue. L’écrivain cherche pourtant à en déterminer la nature.

L’écrivain de fictions ouvre les boîtes noires pour dérouler toute l’histoire

Je suis convaincue d’une chose : s’il y a bien, sur cette Terre, un animal capable de se mentir à lui-même, c’est l’homme. Si je vous dis tout ça, c’est pour éclairer le parcours. Je voulais vous décrire ces périodes de flottement qui arrivent sans prévenir dans l’écriture d’un roman. Les infos s’accrochent aux neurones et se déroulent comme des fils, pêle-mêle, pour décortiquer les réalités d’une vie pas aussi fictionnelle qu’on aimerait le croire. L’écrivain de fictions a tendance à éplucher l’information pour la ranger dans des boîtes. Des boîtes noires jalousement gardées par les personnages. Certains donneraient cher pour les enterrer à tout jamais. Mais voilà ! L’écrivain a besoin de les ouvrir toutes, et de connaître l’envers du décor où se jouent les plus belles scènes.

"J’ai l’impression d’être une espionne. Pire ! J’ai l’impression d’être un mouchard ou un calomniateur. J’ai donc à rééquilibrer rapidement ma relation avec nos personnages." - Photo de Kellerpics

Vous comprendrez, je l’espère, que l’écriture de roman comprend donc des temps de latence où l’auteur cherche à se positionner. C’est une façon engagée de trouver le message caché dans le roman qu’il s’encourage à écrire, pour transmettre son point de vue sur la réalité qui nous entoure. Mais, après tout, pendant ces trois mois de création intensive, vous attendez de comprendre comment se débrouille un auteur pour écrire une histoire, tout autant que d’en connaître l’issue. C’est bien l’intérêt de ce passionnant défi. Je tente donc d’aborder toutes les dimensions du travail. Ici, je dirais donc que les temps de latence, de réflexion, de mise en perspective psychologique, s’apparentent à une guerre des nerfs entre les personnages et moi. J’ai l’impression d’être une espionne. Pire ! J’ai l’impression d’être un mouchard ou un calomniateur. J’ai donc à rééquilibrer rapidement ma relation avec nos personnages en écrivant plus vite, plus fort, et sans retenue. Comment ? Paradoxalement, en prenant de la distance, tout en les rassemblant au plus vite. Peut-être me dédoubler aussi… Oui, c’est une idée. D’un côté je jouerai les enquêtrices méticuleuses et impartiales, doublée d’un profileur pervers. D’un autre côté, je jouerai les artistes inspirées, rendant fidèlement la lumière qui apparaît chaque matin au lever du rideau.

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Écrire votre roman : les 3 clés du succès

Vous désirez vous lancer dans l’écriture ? Écrire votre roman sans attendre ? Mais, vous pensez ne pas avoir assez d’éléments pour démarrer ? Découvrez les 3 clés indispensables pour entrer dans le jeu maintenant !

Vous désirez vous lancer dans l’écriture ? Écrire votre roman sans attendre ? Mais, vous pensez ne pas avoir assez d’éléments pour démarrer ? Grande erreur ! Vous n’avez même pas le prénom de votre héros ? Pff… Vous êtes indigne de commencer. D’ailleurs, vous avez une super idée de roman qui vous tient aux tripes mais vous devez d’abord élaborer un plan, puis un scénario, puis… STOP ! Écrire votre roman est une aventure ludique, et vous avez le droit d’entrer dans la partie avec les 3 règles clé que voici. Découvrez ces 3 clés du succès pour entrer dans le jeu dès maintenant ! Vous pourrez également suivre mon défi « écrire un roman en 3 mois… avec mon fils ». C’est tous les jours à partir de lundi prochain (28 octobre 2019). Je vous dis tout en bas de cet article.

Clé n°1 : commencez à écrire votre roman sans même connaître vos personnages

clé n°1 pour écrire un roman
La clé n°1 pour écrire votre roman - photo de Natan Bregalda

Vos séances d’écriture quotidiennes sont votre bouffée d’oxygène

Lancez-vous maintenant ! Les séances d’écriture dont je parle dans mon bonus sont indispensables à l’avancée de votre projet d’écrire un roman, pour vous tenir en haleine. Même si vous ne maîtrisez pas encore les tenants et les aboutissants de votre histoire, commencez à écrire votre roman sans attendre, sans même connaître vos personnages à fond (recevez immédiatement mon kit de démarrage ici – c’est cadeau !). Vous n’avez qu’une vague idée de ce qu’ils font dans la vie ? Vous ne savez même pas encore leur prénom ? Parfois, je colle un nom après une ou deux secondes de réflexion et je le remplace plus tard si besoin (le plus souvent celui qui vient sans réfléchir est le bon). Apprendre à écrire le souffle léger permet d’empiler un nombre invraisemblable d’idées saugrenues et de détails insignifiants, et fera de votre histoire un roman vivant.

Créez-vous un espace-temps protégé et intime

N’ayez pas peur de vous perdre dans une histoire confuse. Vos séances quotidiennes font partie d’un espace-temps spécial. Elles créent une bulle protégée à un moment précis de votre journée, un rendez-vous intime à ne pas rater.  Elles se démarquent des séances de travail dédiées à la structuration du roman. En séance d’écriture, je m’interdis de trop réfléchir. En effet, le jeu est toujours le même : on est dans le rythme de l’écriture sans peur ni reproche. Pas de pause, pas de jugement, pas d’hésitation. Par exemple, quand un mot m’échappe, j’écris le premier qui me vient, et je prends soin de le mettre entre parenthèses pour y revenir plus tard à la correction. Ne fournissez aucune excuse valable pour ne pas instaurer immédiatement votre séance d’écriture quotidienne. Comme l’exercice physique, la séance quotidienne maintient en forme l’écrivain que vous êtes. Cette séance (même de 10 ou 15 minutes par jour) fera de vous l’auteur de votre futur roman.

in love - écriture de poèmes
On est dans le rythme d'écriture sans peur ni reproche, photo emerloppez19

Vos temps de travail et de recherche seront plus dynamiques

Certains objecteront qu’une séance d’écriture est un temps de travail acharné. Katherine Pancole déclare qu’au cours de ses 5 heures de travail quotidien, elle est contente quand elle a pondu deux pages. Je ne parle pas de ces séances-là. La séance d’écriture est pour moi une bouffée d’oxygène qui fait circuler l’écriture dans le sang. Elle ne remplace pas les séances de travail où écriture et recherche se côtoient, où les questions s’empilent, se déchaînent et se décortiquent. Ce sont les temps de submersion qui nécessitent des réponses, obligent à rédiger, corriger, raisonner, critiquer, transformer, épurer, soupeser, remanier. Katherine Pancole illustre bien cette réalité à travers les dessins d’Anne Boudart que vous pouvez retrouver sur la page facebook de l’auteure.

Katherine Pancole
"les séances de travail où écriture et recherche se côtoient", dessin d'Anne Boudart

Clé n°2 : découvrez chaque personnage en les confrontant les uns aux autres

esquisse de personnage
"confrontez les frêles esquisses de vos personnages à des bouts de scènes intuitives", dessin de Mirzet

Esquissez vos personnages sans vous soucier du résultat final

Qui est mon héros ? Comment s’appelle-t-il ? Comment vais-je écrire un roman sans connaître tout de sa famille, de ses amis et de son passé ? Tant de questions se bousculent que vous risquez la surchauffe. Ainsi, si vous confrontez les frêles esquisses de vos personnages à des bouts de scènes intuitives, sans complexe, sans enjeu, sans travail acharné, juste par jeu. Les stratégies, les intrigues, les coups de théâtres, apparaîtront grâce à ce travail d’approche. Là, on apprivoise. Ainsi, vous élaborez, sans vous en rendre compte, le squelette de votre futur roman. Alors, la super intrigue qui vous trotte dans la tête prendra vie, dans la plus pure tradition de l’écrivain heureux.

Écrivez des petits bouts de vie sans vous soucier de leur cohérence

Connaissez-vous suffisamment votre héros pour vous lancer dans l’écriture ? Si vous vous posez encore la question après avoir débuté vos séances d’écriture, dites-vous bien qu’il vit un peu plus chaque jour grâce à vous. Qui est Mia, l’héroïne de mon roman en cours ? Eh bien, je sais qu’elle est belle, le teint caramel, les cheveux aériens et bouclés, les yeux noisette. J’ai élaboré au fil de mes séances un bon nombre d’éléments de sa vie et de son enfance. En somme, c’est comme inventer des petits bouts de vie ! Des dialogues entre personnages mal dégrossis, leurs pensées en arrière plan, leurs sentiments mal perçus ou à peine devinés, leur relation évidente ou leur rencontre fortuite, etc. De là, mes idées se confrontent en vrac ou, au contraire, elles se renforcent au fil des jours. C’est comme si Mia était dans son univers tandis que, moi, je le découvre.

communication de groupe
"Sans l’entourage du héros, il n’y a point de héros." image de Geralt

Créez votre héros à travers le regard des autres personnages

Mon héroïne Mia a un caractère que je ne saurais dépeindre tant que les autres personnages de sa vie ne m’auront pas avoué leurs sentiments. Écrire sur l’enfance de son père adoptif, écrire sur les sentiments de ce père pour sa fille, c’est créer un pan entier de la personnalité de mon héroïne. Sans l’entourage du héros, il n’y a point de héros. Même Robinson Crusoé a son acolyte : Vendredi. La caractérisation de votre personnage se construit au travers de ses traumatismes, de ses réactions face aux autres, de ses haines et de ses passions. Par exemple, son histoire intime explique ses réactions primaires dues aux traumatismes de l’enfance. C’est aussi et surtout le regard des autres qui détermine qui il est et ce qu’il accepte ou non de faire. Qu’est-ce que les autres pensent de lui ? Comment le considèrent-ils ? Que lui demandent-t-ils de faire ?

Pour en savoir plus sur la caractérisation des personnages je vous invite à écouter mon podcast « Comment créer des personnages vivants »

Clé n°3 : préparez-vous à percer les mystères de votre intention

La femme-écriture
"Pourquoi décide-t-elle de partir à l’aventure ? Que cherche-t-elle à se prouver ? J’établis une relation de cause à effet", création de Kellepics

Comment se construit l’écriture de votre roman ?

L’affaire se corse ! Notre héros est souvent le premier personnage que l’on a en tête, il incarne notre idée, notre message. Logique, c’est notre principal outil pour résoudre le conflit, l’enjeu de notre histoire. C’est alors que la question vous démange, celle qui pousse à sortir de l’écriture intuitive, de la zone confortable et douillette de vos séances d’écriture, et à élaborer la stratégie de votre roman : Quel conflit ? À quoi aspire profondément mon héros ? Qu’est-ce qu’il a le plus de mal à accomplir ? À quelle sauce va-t-il être mangé ? Et, enfin, comment va-t-il s’en sortir ? C’est donc là, à ce moment précis que vous devez faire le grand saut et passer en mode pro. Instaurer une plage horaire supplémentaire où l’écrivain insouciant que vous êtes se transforme en coureur de fond, doublé d’un impitoyable manipulateur.

Voir à ce sujet mon fameux article « Secrets d’écrivain enseignés par Derren Brown »

Comment créer le mystère de l’intrigue ?

Que va-t-il devenir ? Que va donc devenir votre héros ? Voilà la question fondamentale. L’importance des autres personnages apparaît alors. Car, en conséquence, que vont devenir les autres ? C’est une préoccupation constante chez votre héros, consciente ou non. Reprenons l’exemple de Mia. Elle se construit autour de sa relation avec Mirko, son père adoptif. Généralement, un héros se construit autour d’une figure dominante, tel un mentor. Ce dernier peut être absent, mais son influence reste dominante. Il cherchera d’autres figures-miroir pour le remplacer. Écrire le parcours du père et de Mia me permet de comprendre la nature exacte de leur relation et d’avancer dans la création d’un objectif de qualité : que cherche mon héroïne, au fond ? Son indépendance ? Pourquoi décide-t-elle de partir à l’aventure ? Que cherche-t-elle à se prouver ? J’établis une relation de cause à effet, je cherche à comprendre si elle fuit, si elle se positionne, si elle cherche à régler un conflit intérieur.

Écrire votre roman c’est en chercher la cohérence !

Ces mystères doivent être percés à jour par l’auteur. C’est pourquoi les va-et-vient entre vos séances d’écriture et votre travail de réflexion est une méthode que je conseille. Elle facilite l’avancée de votre projet. Lors de mes séances d’écriture, je teste des scènes-prétexte pour tester les réactions de mon héroïne. Une scène d’enfance, par exemple, me permet de tester ses capacités. Mia habite chez Flutura, la sœur de Mirko, qui vit dans un village de montagne avec son mari et son fils Milan. On voit les enfants se gaver de framboises, un panier vide à leurs pieds, quand trois gamins débarquent et proposent à Milan de venir chasser le serpent. Dans mon idée, Mia a appris énormément dans la forêt aux côtés de son grand père chamane, puis de Baka, la guérisseuse serbe. Mais, pour que le récit soit intéressant, Mia aura subi un traumatisme psychologique qui lui aura fait tout oublier. Ainsi, ses connaissances sont inconscientes et apparaissent de manière intempestive. Je veux la mettre en situation de réagir vite pour voir comment elle se perçoit elle-même face à la vie.

En résumé, l’auteur d’un roman est le créateur de l’univers !

Vous êtes le garant d’une intelligence supérieure

lettre secrète
"Les protagonistes doivent résoudre une énigme ou un conflit. Mais ce n’est pas gratuit ! " - photo de Pezibear

L’auteur est un incontestable maître du jeu, mais il n’a rien d’un Dieu. C’est plutôt le grand ordonnateur de la vie, celui qui crée les synchronicités, les événements qui poussent le héros à accomplir son destin. Il est à l’écoute, décode les intentions cachées qui poussent les personnages vers ce quelque part impalpable, indécodable pour eux. Ainsi, vous cernez la cohérence du « conflit » qui empêche le héros d’atteindre son but. Il est clairement attiré par quelque chose de plus grand que lui, une force invisible. C’est au fond de lui, quelque part, et vous l’avez compris.

Certes, vous êtes un manipulateur équivoque, mais nul ne sait mieux que vous ce qui est vital dans cette histoire, ce qui est vital pour tous les personnages en présence. Vous avez la mission de les guider vers leur destin, de les aider à écouter leur voix intérieure, vous avez la responsabilité d’être l’intelligence supérieure qui agence l’univers. Vous êtes le garant incontestable de la cohérence de la vie au sein de cet univers.

Gardez les 3 clés d’une écriture vivante

Clé n°1 : Jetez-vous dans l’écriture ! Lors de vos séances d’écriture, ne vous demandez pas si une scène est bonne. Nombre de scènes permettent de créer l’univers de vos personnages, même si elles ne se retrouvent pas forcément dans le roman. Elles ont le mérite de nous faire avancer dans sa construction, ne serait-ce qu’en y ajoutant plus de texture, de matière organique, plus de vie en clair.

Clé n°2 : Cela vous permet de tester l’ambiance, et aussi de choper des idées sur les réactions des uns et des autres. C’est ainsi qu’un personnage peut vous surprendre. Apprendre à mettre les personnages en situation, à chercher leurs repères, se fait aussi en lâchant prise lors de vos séances d’écriture. Vous y découvrirez de précieuses portes d’accès pour comprendre ce qu’ils cherchent vraiment.

Clé n°3 : Mettez en place les conditions matérielles et humaines qui poussent le héros vers un objectif sensé. La question du sens passe par l’étude des relations de cause à effet évoquées plus haut. Les protagonistes doivent résoudre une énigme ou un conflit. Mais ce n’est pas gratuit ! Cette quête les pousse immanquablement vers la révélation de qui ils sont vraiment.

La clé ultime pour réussir l’écriture de votre roman : votre course à l’objectif

C’est bien beau tout ça mais, concrètement, comment garder sa motivation ? Comment croire qu’on va vraiment y arriver ? Depuis que j’ai créé ce blog, il y a un an, j’ai lâché la course à l’objectif. Malheureusement, quand on veut écrire un roman, se fixer une date butoir est un incontournable. La nécessité de pénétrer l’univers de vos personnages devient une course contre la montre et vous transforme, vous aussi, en héros. Pour moi, pas de roman sans date butoir, ne serait-ce que pour entrer dans la course. Qu’on prolonge le délai imparti est une autre histoire.

J’ai donc décidé d’en faire la démonstration en live en me lançant le défi d’écrire un roman en trois mois… avec mon fils. C’est un roman très fun qui a pour thème l’enfant super-héros : Le Projet Line. Il démarre lundi ! Line va grandir mais, en attendant, comment un super héros se débrouille-t-il enfant, et bébé ? C’est la question à laquelle, mon fils et moi allons répondre sous vos yeux, en trois mois.

Le défi est lancé !

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