Plongez dans la magie du best-seller

Best seller de Déborah Harkness

Bonjour tout le monde !

Le livre perdu des sortilèges
L'héroïne rentre en contact avec le livre

Comme vous le savez, je me suis lancé le défi d’écrire un best-seller. Et pour ce faire, mieux vaut que j’en étudie le plus possible. Alors, comme j’ai un penchant pour les histoires de magie, et que je ne suis pas la seule (ça tombe plutôt bien), je n’ai qu’à piocher dans une pléthore de romans fantastiques qui ont cartonné. Ce mois-ci, j’ai jeté mon dévolu sur la trilogie All Souls de Déborah Harkness. Je n’ai pu arrêter sa lecture qu’au bout des 2000 pages qui la composent. « Le livre perdu des sortilèges» est le premier tome, et c’est ainsi que nous découvrons Diana Bishop, l’héroïne de cette épopée fantastique et historique.

Le talent de l’incarnation

L’auteure a utilisé le joli nom d’une étudiante de l’Université de Durham, devenue championne britannique d’aviron dans les années 70, après avoir déménagé à Wallingford, non loin d’Oxford.

Ces détails sont d’importance, comme vous en conviendrez par la suite. 

Quand j’étais étudiante, j’étais très cartésienne. Mais, l’art et la folie s’insinuèrent dans ma vie et, avec le recul, je compris que notre vision cartésienne ne laissait nulle place à l’inexplicable.

Diana Bishop incarne l'étudiante sportive et impitoyable
Diana Bishop rame à l'aube

Au commencement était la vie

Le hic, c’est que l’insaisissable obscure reste l’un des fondements de notre sentiment de vie. Résultat, tout me semblait d’un compliqué ! Alors ? Je pense donc je suis ? Ou, je ressens donc je suis ?

Je pense que notre rapport à la vie est liée aux origines de notre humanité. C’est vrai, quoi ! Nos racines primitives puisent leur nourriture dans les mystères insondables de la nature, dans la magie, dans le chamanisme et dans la sorcellerie, qu’on le veuille ou non.  Finalement, nos efforts constants pour soumettre la nature ne parviennent pas à nous détourner complètement des traditions ancestrales qui reliaient nos vies aux mondes invisibles. Et je sens que ces connaissances millénaires survivent aux destructions successives, aux inquisitions comme aux acculturations.

Le Livre perdu des sortilèges

J’ai eu l’immense plaisir de lire des romans fabuleusement bien écrits au succès retentissant. Parmi eux, la romance fantastique de Stephenie Meyer, « Twilight », peut très bien se comparer à la trilogie de Deborah Harkness. Si je procède à l’étude de cette trilogie c’est parce que l’histoire de Diana Bishop a connu un large public et que je suis en train de la lire.

J’avoue tout d’abord avoir éprouvé une petite déception sur le premier point concernant le style. Non, l’écriture de l’auteure n’est pas remarquable. Cependant, elle maîtrise si bien son sujet, qu’il serait honteux d’en faire grand cas. De plus, son deuxième tome (qui fait quand même mille pages !) gagne en caractère.

L’effet mystérieux de ce livre

Ce premier roman recèle d’ailleurs bien d’autres mystères. Et le plus étonnant est l’effet positif qu’il a sur moi. L’héroïne, Diana Bishop, m’inspire des comportements inattendus : une plus grande autodiscipline (un petit footing le matin au réveil), un retour en bibliothèque pour faire des recherches et l’envie d’utiliser mon cerveau à bon escient.

Si ce n’est pas de la magie ça ! Pour être honnête, ça n’a duré qu’une semaine et j’ai plutôt galéré car la lecture a mangé beaucoup de mon temps. En fait, je suis entrée dans la tourmente d’une vision très compliquée de ce que j’avais à faire, et je me suis même inscrite à une formation d’écrivain. Mais ce n’est pas le sujet. J’aurai bien des occasions de vous en reparler. J’ai juste l’impression d’être ressortie grandie de cette longue traversée livresque. Alors commençons !

Prestige et connaissance : deux valeurs sûres

Diana (la chasseresse) est une jeune femme comme tout le monde. Elle réprime ses pouvoirs et se détourne de l’héritage familial de sa lignée de sorcières au profit de son travail universitaire. Elle est professeure d’histoire à l’Université de Yale (Connecticut).

L’histoire commence dans la prestigieuse université d’Oxford où Diana doit faire une conférence sur son sujet de prédilection : l’alchimie au XVIème siècle. Ces éléments de départ constituent, en fait, la trame de l’histoire. Dès le début du roman, tout va basculer pour Diana Bishop.

La nature du mensonge

Notre héroïne comprend très vite qu’elle s’est menti à elle-même. C’est d’ailleurs un des points fondamentaux de la nature humaine qui est introduit au démarrage. Nous sommes probablement les seuls êtres vivants capables de nous mentir à nous-mêmes. 

Qu’est-ce qui nous y pousse, d’ailleurs ? Ne serait-ce donc pas la puissance effrayante qui nous anime et qui ne colle pas avec notre éducation si bien cadrée ? Cette puissance indomptable par notre petit cerveau de penseur ne cadre absolument pas avec la logique cartésienne chargée d’assurer notre compréhension du monde et ça nous oblige à contorsionner nos émotions avec des postures impossibles et fort douloureuses.

L’identification en chaîne : l’auteur, le héros, le lecteur

Ce qui m’a tout d’abord gêné dans ma lecture, c’est l’évidente ressemblance entre l’auteure et l’héroïne (une prof super bosseuse qui fait de l’aviron pour exfiltrer le trop plein). Il est tellement flagrant que je n’ai pas besoin de faire des recherches sur Déborah Harkness pour m’en persuader.

Hé ! Les amis ! Si vous en savez plus que moi sur ce point, n’hésitez pas à nous le partager en commentaires :)

Mais, au final, cette fusion entre l’auteur et le personnage a eu un tel effet sur moi que je médite désormais la question. Le plus hallucinant c’est qu’une semaine avant la lecture de ce bouquin, je m’étais demandée si Sophia, ma propre héroïne, devait être reliée à  ma vie comme j’étais en train de le faire.

Les mots courent sur la main de Diana. Image de l'enfant alchimique du livre de la vie.

Notre puissance nous effraye

Savoir où on va en sachant de quoi on parle

Déborah Harkness maîtrise la structuration du récit mais son style est un peu simpliste. Les subtilités narratives manquent effectivement mais sa grande maîtrise du sujet et la préparation de son histoire qu’elle a clairement travaillée en amont évincent le problème. Tout le contraire de moi, en somme. Et une bonne leçon à retenir ! Le roman accentue dès le départ l’importance de cette histoire de puissance intérieure qui nous effraye : « Ce soir-là, mes parents m’apprirent qu’il fallait parler magie avec prudence et pas avec n’importe qui. Les humains étaient plus nombreux que nous et redoutaient nos pouvoirs, m’expliqua ma mère, et la peur était la force la plus puissante au monde. » La peur est effectivement le nerf de la guerre depuis la nuit des temps. 

L’appât du rêve sur les sentiers disparus

La peur nous permet de mesurer le pouvoir de nos instincts à l’aune des dangers qui nous menacent. Aujourd’hui, dans l’habitat civilisé d’un occidental moyen, le danger ne se cache pas derrière chaque taillis ou chaque sentier. Chez nous, des siècles d’organisation ont établi une société juridique où tout a été nettoyé (plus de superstitions, plus d’oraisons funèbres, plus de transes autour du feu, plus de fête de la Saint Jean, plus de bagarres sans dépôt de plainte). Alors, notre instinct s’ennuie à mourir et nous nous rabattons sur des histoires de créatures fantastiques et dangereuses, de retours dans le temps à l’époque où l’injustice et l’insécurité faisaient office de loi, où les loups se baladaient encore près des sentiers, et où les lampadaires n’existaient pas.

Au temps des chevaliers, on avait réellement l’impression d’être VIVANT !

Chaque jour, on pouvait réellement mourir, pas seulement d’un accident de voiture. Chaque jour, on était sur le qui-vive. Et, croyez-le ou non, nous rêvons d’une vie perdue et extrapolons à loisir ! L’Histoire est alors un récit onirique, un exutoire bienvenu où notre pouvoir nous serait restitué. Car, enfin !

L’ennui mortel d’une vie sans histoires

Il est vrai qu’aujourd’hui, l’occidental moyen doit faire montre d’ingéniosité pour que sa vie ressemble à une épopée. Il doit s’accrocher sans aide extérieure car tout le confort moderne est fait pour ne pas s’aventurer plus loin qu’au supermarché du coin. Pas étonnant que notre cerveau réclame des drogues pour esquiver cette réalité sans histoires. Soit dit en passant, le moyen âge comptait un nombre affolant de paysans n’osant rêver d’une vie décente. Mais qu’importe, chacun son fardeau.

Le premier baiser dans la romance fantastique se différencie par sa fatale dangerosité

Et voilà pourquoi « Le livre perdu des sortilèges » nous présente Diana, qui aspire depuis l’enfance à la normalité, dans le confort moderne. Surdouée à la mémoire photographique (cette faculté a d’ailleurs été oubliée au cours du récit ou totalement inexploitée lol), Diana se retrouve donc à Oxford pour faire une conférence sur l’alchimie.

L’imagerie du pouvoir décomplexé

Elle s’y installe pour un ou deux mois afin de faire ses dernières recherches dans la bibliothèque bodléienne. C’est là qu’elle met le doigt sur un manuscrit convoité depuis longtemps par les trois espèces de créatures qui vivent parmi nous sans trop se faire remarquer. C’est là que tout dérape et que tout commence : l’aventure, les méchants qui veulent sa peau, et son histoire d’amour avec un vampire scientifique âgé de 1500 ans.

Notre aveuglante normalité ne nous protégera pas

« En tant que scientifique, Diana, je peux vous dire qu’il n’y a rien qui soit qualifiable de normal. (Son ton s’était durci). La normalité, c’est une fable que les humains se racontent pour se réconforter, quand ils sont confrontés à la preuve que presque tout ce qui les entoure est tout sauf normal. »

Ce qui nous plaît dans ce genre de roman, c’est qu’on participe d’un monde secret. On y entre sans se faire remarquer. On entend ce que personne n’est censé entendre et on pénètre les secrets qu’aucun autre humain n’est censé découvrir. Nous nous sentons secrètement privilégiés.

Nous ne sommes pas ignorants de nos peurs

Et les secrets les mieux gardés se cachent souvent en pleine lumière. Notre normalité, par exemple, est une conception du monde et de nous-mêmes qui cache peut-être une montagne de préjugés. Ça me fait penser à un bouquin de Daniel Tammet, autiste et génie scientifique, qui m’a mise drôlement mal à l’aise. C’était « Embrasser le ciel immense ». Il nous prenait tous pour de sacrés ignorants ; incapables de faire la différence entre connaissances et préjugés ; mus par notre hypersensibilité de civilisés mal dégrossis. J’avais l’impression d’être une créature impressionnable, aux superstitions mal digérées. J’en ai compris que notre déplorable normalité est un faux-semblant. Et qu’elle justifie notre incapacité à discerner l’intelligence de la bêtise. Daniel Je-Sais-Tout assurait cependant manquer d’empathie et d’intelligence émotionnelle. Ce qui, depuis, s’avère être l’outil le plus efficace pour survivre dans notre société moderne. Et bing !

Le prestige et le luxe sont des valeurs sûres pour crédibiliser le propos et accrocher son lecteur

Pour revenir à notre lecture, je pense que ce qui nous attire et rend “Le Livre perdu des sortilèges” si apprécié, c’est qu’il justifie notre besoin de magie, comme notre besoin de création. L’art transcende la réalité pour atteindre le beau ; la magie répond à notre exigence universelle de percer les secrets de notre nature, et d’atteindre une vérité qui nous est inaccessible par notre éducation moderne et rationnelle. On nous refuse le droit de croire en la vie avec nos tripes. Accusés que nous sommes de fuir dans le rêve puéril des mondes invisibles. Notre enseignement est basé sur l’inquisition, en quelque sorte. Tout notre savoir actuel est entaché du sang des victimes de la chasse aux sorcières. Et c’est exactement ce dont parle le livre perdu des sortilèges.

Prestigieuse OXFORD

Accédons à notre pouvoir

Entrer dans le cercle fragile des initiés est d’abord douloureux

Mais nous savons bien que derrière la réalité se cache un mystère accessible aux initiés. Nous savons aussi que nous pouvons faire partie du cercle si nous nous en donnons la peine (on sent son cœur palpiter quelque part). Ce n’est pas donné à tout le monde, et certainement pas à ceux qui doutent de son existence. Prendre la peine d’apprendre à l’entrevoir ? C’est sûrement un peu douloureux, certes. On en revient toujours aux mécanismes de la croyance : ceux qui refusent de croire ne peuvent accéder aux mystères de la nature, aux mondes invisibles, à son intériorité. Pour entrer en soi-même et accéder à l’autre côté du miroir, il faut y croire. Et Dieu sait que la foi est le premier palier pour accéder à nos propres pouvoirs. Elle intègre la peur, notre plus fine alliée.

Un fil ténu entre croyance et connaissance

Le chemin de la peine sourit aux plus téméraires

Dans toute croyance, il est question de maîtriser le pouvoir de notre intelligence – intellectuelle et émotionnelle – et de notre corps (il serait relié à plusieurs couches invisibles à l’œil nu – l’aura –, sans parler des fils qui le relieraient au monde. Le sorcier de Castaneda en parle et Déborah Harkness illustrera cette « réalité invisible » dans les tomes 2 et 3 de sa trilogie). 

Si nous avons écrasé la magie par tous les moyens (chasse aux guérisseurs de tous poils – sorcières, druides, païens, chamanes, indiens d’Amériques, aborigènes d’Australie, et bien d’autres dont je n’ai pas encore connaissance), elle ne peut disparaître complètement. Car je pense qu’elle fait partie de la nature. Ses racines sont profondément accrochées à la Terre, au ciel, à l’air et au feu, et ne peuvent dépérir sans entraîner l’humanité entière avec elles.

Magie ne rime pas avec folie

« Diana, regardez-moi. (J’obéis malgré moi.) Vous voulez mettre de côté votre magie, tout comme vous imaginez que l’ont fait vos scientifiques il y a des siècles. Le problème, c’est que cela n’a pas marché. Même les humains qui étaient parmi eux n’ont pu chasser entièrement la magie de leur monde. Vous l’avez dit vous-même : elle n’a pas cessé de revenir. […] Vous pouvez essayer de garder la magie à distance, mais cela ne donnera rien, pas plus que pour Robert Hooke ou Isaac Newton. Tous deux savaient qu’un monde sans magie n’existe pas. Hooke était un génie […] mais il n’a jamais atteint tout son potentiel parce qu’il redoutait trop les mystères de la nature. Newton ? Il n’avait pas peur de ce qui est invisible et difficilement explicable : il s’y est jeté à corps perdu. » Certains chamanes expliquent que si la nature cache le grand mystère de sa naissance, c’est pour protéger la vie même. Cela reviendrait-il à nous protéger de nous-mêmes ? Sur ce point, Déborah Harkness nous enjoint à garder les fondamentaux :

« Il n’y a rien de plus puissant que la peur humaine, pas même la magie ni le pouvoir des vampires. Rien. »

La trame invisible de toute cette saga tient dans cette phrase.

On démarre dans le monde de la normalité où Diana s’est forgé une identité. L’héroïne se considère comme nous et l’identification peut opérer. Après que Diana ait consulté le fameux livre sans avoir cherché plus loin, nous passons progressivement dans le monde des « créatures ».

Ce glissement permet de transposer les problématiques morales, religieuses et politiques d’un monde à l’autre. Ainsi, la remarque de Sarah, la tante de Diana (une sorcière, évidemment), se révélera tout aussi pertinente dans le monde des créatures :

« La prochaine fois qu’on te donne un objet magique, comporte-toi comme la sorcière que tu es, et non comme un imbécile d’être humain. Ne l’ignore pas et ne te dis pas que ton imagination te joue des tours. (L’ignorance délibérée et le mépris du surnaturel figuraient tout en haut de la liste des griefs de Sarah envers la race humaine.) »

Notez au passage la manière dont l’auteure traduit une pensée derrière la parole d’un personnage, par un autre protagoniste. Le même problème se révélera petit à petit jusqu’à la fin. Celui de l’ignorance délibérée et du mépris pour l’inconnu :

« Est-ce vraiment exact que nous formons quatre espèces distinctes, ou bien démons, humains, vampires et sorcières ont-ils un ancêtre commun ? Sarah prétendait que les sorcières avaient peu en commun avec les autres créatures et je m’étais toujours demandé si ses convictions reposaient sur autre chose qu’un vœu pieux ou la tradition. À l’époque de Darwin, beaucoup pensaient qu’il était impossible qu’un couple d’humains ait produit tant de types raciaux. Quand certains européens blancs considéraient les noirs africains, ils préféraient la théorie de la polygénie, selon laquelle les races descendaient d’ancêtres différents et sans relation. »

moins ouverte à l'idée de copuler avec un vampire
La tante de Diana qui, comme il se doit, est une sorcière

La question raciale

Ici, le terme polygénie est incorrect. Il tient d’un anachronisme dû à la traduction. En fait, l’auteure parle du polygénisme ou doctrine polygéniste. Cette théorie très ancienne, selon laquelle les différentes races humaines dérivent d’espèces distinctes, tenait des premières critiques de l’anthropocentrisme biblique d’Adam et Ève, et fut remise au goût du jour pour soutenir la colonisation et l’esclavage. Les incohérences de la bible devaient trouver des explications si peu orthodoxes !

Le  héros est, par définition, l’élément fédérateur.

Mais revenons à Diana. Comment une femme peut-elle être le pilier d’une histoire grandiose qui la dépasse ? D’une, c’est une élue (on le pressent forcément) mais qui peut le savoir avant la fin ? Personne. Et c’est ce qu’on appelle l’espoir. Cet espoir est la force incontournable qui tient le lecteur en haleine. Et quiconque veut écrire un best-seller ne peut faire l’impasse sur ce point névralgique. Et de deux, c’est une battante capable d’aimer. Cette deuxième caractérisation du héros ne peut se passer de l’élément alchimique essentiel qui est la force de son argumentaire.

Même si la timidité est un trait de son caractère, le héros ne peut être exempte de sa force de conviction. Diana est déterminée et fait souvent preuve d’une intelligence émotionnelle associée à une solide logique. En tout cas, c’est comme ça que Déborah Harkness la met en scène. Je prends ici un exemple qui ne paye pas de mine pour illustrer le fait qu’un héros se construit dans les petits détails de l’histoire. Diana et Matthew (son vampire) se sont déclarés leur flamme. Diana veut le voir chasser, il refuse catégoriquement mais elle ne lâche pas le morceau, si je puis dire.

Et voilà comment elle représente la force d’adhésion que toute héroïne doit imposer :

— Je ne chasse pas le cerf comme le fait ma mère en le faisant mourir de peur.

— Arrêtez de faire semblant et ayez confiance en moi.

— Pas avec vous à mes côtés.

— Depuis que je vous connais, dis-je tranquillement, vous m’avez montré tout ce qu’il y a d’agréable dans la vie d’un vampire […] En échange, je vous demande simplement de me laisser vous regarder vous nourrir. C’est élémentaire Matthew. Si vous ne supportez pas cela, autant en rester là : la congrégation sera ravie.

— Cesserez-vous jamais de me surprendre ?

Ceci étant dit, Diana incarnera l’avènement d’une nouvelle ère dans le monde secret des « créatures ». Elle a donc intérêt à avoir les épaules solides.

Pour l’instant, le Tome 1 ne fait que poser les bases du problème :

 — L’Asmole 782 (le fameux livre perdu des sortilèges) ne traite pas seulement des origines, de l’évolution et de l’extinction. Il parle de la reproduction.

– C’est absurde, dis-je.

– C’est ce que vous pensez, Diana, mais pour moi, c’est clair. Les vampires et les sorcières peuvent peut-être avoir des enfants ensemble, finalement. Et d’autres mélanges d’espèces sont peut-être possibles. Elle s’adossa triomphalement à son siège, défiant Matthew.

— Mais les vampires ne peuvent pas se reproduire biologiquement, contra Em. Ils n’en ont jamais été capables. Et des espèces différentes ne peuvent pas se croiser comme cela.

2000 pages pour parvenir au mystère de ce livre
"The" book qui fait toute l'histoire : le livre de la vie

Au cours de ce long périple d’écriture, l’auteure expliquera l’évidence : face à l’interdiction, les métisses se cachent. C’est l’histoire des lois ségrégationnistes fondées sur la peur, le mensonge, et dont les secrets empoisonnés et les persécutions abominables et honteusement justifiées en découlent. Si l’étude historique nous permet d’en découvrir les mécanismes, elle n’ empêche malheureusement pas de laisser se perpétrer les mêmes exactions, encore et encore, e t de nous voiler la face, bercés que nous sommes par les discours mielleux où les mensonges s’engluent. Puis, un jour, les fils tissés se cassent sous la pression insupportable du temps. C’est alors le moment de compter les survivants. J’aime à croire que Déborah Harkness dénonce, en filigrane, ce que le gouvernement américain s’évertue à perpétuer à travers le monde.

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