Lorsque j’ai décidé d’être écrivain, je me suis assise à la terrasse du café du coin et j’ai écrit. Le bar de la Vallée est devenu mon bureau du matin. Mes histoires y coulaient des jours heureux, persuadée que j’étais d’être bientôt propulsée sur le devant de la scène. Deux romans plus tard, j’ai commencé à douter de la pertinence de mon super plan…

Écrire un

C'est n'importe quoi !

… les critiques étaient mitigées. Pour ma première histoire (je ne peux décemment pas la qualifier de « roman »), j’ai fait l’erreur habituelle d’y fourrer toutes les idées qui me tenaient les tripes, et il y en avait un paquet : rêves d’un autre monde, d’une autre politique, redéfinition du super-héros et des mondes invisibles…

Du coup, le message reste flou et le point de vue de l’auteur peu construit. « Défaut de structure », voilà le reproche véritable qui ne faisait pas de mon histoire un « récit ». Et je sais aujourd’hui ce qu’on appelle récit, une histoire digeste, qui passe par la bouche et doit ressortir sans peine. Je me suis attelée à l’écriture d’un petit roman de science fiction qui s’avérait parler de la fille de mon héroïne. Duna est arrivée avec ses secrets aussi simplement et aussi durement qu’une rose dans un buisson d’orties.

Alors pourquoi relever le défi ?

Parce que j'ai statistiquement zéro virgule... C'est ça qui fait le challenge !

colportage de livres

Mon Super Plan "BIS"

Je manquais d’entraînement ! Mon nouveau super plan était alors fort simple : m’exercer à écrire et me faire connaître. Il me fallait pour cela passer aux nouvelles, une par semaine si possible; je devais aussi monter un blog et, pourquoi pas, embarquer des peintres, dessinateurs dans l’aventure, car l’image fait tout le potentiel d’une bonne promo. En passant, se limiter à écrire dans un format établi (et tester toujours plus court) est un excellent exercice. Écrire à partir d’un dessin est aussi super tripant ! (voyez d’ailleurs avec celui de Lucas).

Pour ce qui est de se faire connaître, je me suis un peu emballée, puis complètement égarée ! Après mes émissions radio retranscrites en images sur youtube, je m’embarquais dans un projet pharaonique avec un jeune informaticien « engagé » (je l’adore, il est génial !). Nous créâmes les prémisses d’une plateforme interactive auprès des artistes pour monter notre propre boîte d’édition et de travail collaboratif sur le net. Ça en jetait un max !

 

Un an plus tard, je me retrouve au point mort, consciente d’avoir zappé l’essentiel : moi et mon idée de départ. Elle est pourtant simple et incontournable : être écrivain. Comment ai-je pu l’oublier en route ? Mais, comme je suis là aujourd’hui, à balancer un défi que j’y crois pas que j’écris ça, c’est que j’ai bien retrouvé le chemin de ma folie, et je ne m’oublierai pas deux fois.