Écrire une fiction à la lumière de la réalité

Soledad doit-elle empêcher l’homicide dont sa famille est complice ? Là, je dois vous parler du livre “l’affaire roundup”,point de départ de notre fiction, cette nouvelle noire de 6 pages en cours d’écriture. Reste 14 jours

“L’Affaire Roundup à la lumière des monsanto papers”, de Gilles-Éric Séralini, est le récit de son combat, où il n’était pas seul pour essuyer les pressions redoutable de l’ennemi: le cartel de l’industrie chimique. Preuves et procès à l’appui, Séralini en est sorti vivant et nous offre ce livre, instructif, sur la puissances des rouages de l’industrie et de la science, en charge de notre “santé”. Je me lance alors le défi d’en tirer une nouvelle noire en 21 jours pour le concours “Quais du Polar”. Entre fiction et réalité, reste 14 jours.

J’invente mes personnages en pensant qu’ils existent dans la réalité, en m’inspirant du livre de Séralini

Le mot n'est jamais prononcé dans le livre de Séralini "L'Affaire Roundup à la lumière des monsanto papers" - Dessin de Cdd20

Je cherche les points clés de l’histoire

Mieux ! Soledad démissionne. Elle sait ce qui va arriver à son patron. Une tentative de meurtre pendant sa conférence à Londres. Soledad fait tout pour justifier son départ. Est-ce que le lecteur voit Soledad sous pression familiale ? Comprend-il qu’elle tente de saboter le jeu d’espion qu’on veut lui faire jouer ? Forcément, à force de loyauté envers Sirrar, Soledad risque de basculer dans le rôle du traitre. Au labo, personne ne remarque que Soledad est sous pression. Alors qu’à la fac, l’ambiance est explosive, Sirrar découvre les liens de parenté de Soledad avec l’ennemi le coup de fil déclencheur — Soledad est sommée de révéler ses secrets. Seul le collègue qui l’a fait entrer dans l’équipe savait que sa famille lui foutait la pression. En parle-t-il à quelqu’un ?

Je développe l’objectif de départ qui pousse l’héroïne à l’action

C’est dingue ! On est en plein dedans. Ce doit être un vrai dilemme pour Soledad : doit-elle empêcher l’homicide dont sa famille est complice ? Le problème de conscience de Soledad vient surtout la détention de secrets qu’elle ne peut pas trahir. Pourtant, laisser mourir Sirrar serait pire. En effet, que reste-t-il après s’être trahi soi-même ? La désolation. Donc, Soledad va tout faire pour sauver Sirrar. Il faut qu’elle aille à Londres. On doit voir la valise le percuter à travers ses yeux. Elle peut suivre l’homme et comprendre. Comprendre quoi ? Un truc important ? Ce qu’on a inoculé à Sirrar ? Là, je dois vous parler du livre qui est le point de départ de cette fiction, nouvelle noire de 6 pages, en cours d’écriture, avec vous à mes côtés.

L’histoire vraie atteint ce qui nous est propre, ce qui nous rattache à la vie, au corps, aux vraies questions

Se taire. Dessin de Cdd20

Je m’appuie sur “l’histoire vraie” d’un héros sans médaille

Oui, je dois vous parler de « L’Affaire Roundup » vécue et expliquée par Gilles-Éric Séralini. Cet enseignant chercheur de l’Université de Caen, c’est lui qui provoqua les foudres de l’industrie chimique. Séralini ! Pliant tel un roseau sous les tempêtes de dénigrement médiatique. Séralini a réchappé à un staphylocoque foudroyant pendant sa conférence à Londres. Mais, je préviens, nulle part le mot « meurtre » n’apparaît dans son livre « L’Affaire Roundup à la lumière des monsanto paper’s ». C’est le contexte de « l’affaire » qui ne donne pas beaucoup de chance à la malchance. Bref, après ces trois ans de recherches et de tirs nourris, la publication de l’étude Séralini sera validée, puis refusée au dernier moment. C’est là que les choses vont déraper.

Après une guerre sans merci, rares sont ceux qui en réchappent

Cette étude prouve quand même les effets mortels du roundup, un pesticide vendu sur la Terre entière. Pendant que Séralini cherche une autre revue pour publier ses résultats, des photos de rats, bardés d’énormes tumeurs, font le tour du monde. Ce sont les rats nourris au maïs OGM par Séralini et son équipe. Ils présentent d’énormes tumeurs sur le corps. Ça va si loin que Séralini est mis au banc des accusés. Charlatan, activiste, vendu d’extrême gauche. L’accusation de complotiste n’était pas encore à l’honneur. Nous sommes en 2012. Les collègues du désormais célèbre biologiste, sont écœurés par cette médiatisation qui risque de les clouer au pilori. Les pressions sont si énormes que Séralini devrait rapidement craquer. Son équipe et sa famille sont dans la tourmente. Revenir dans le rang, s’excuser, se taire.

L’affaire Séralini est malheureusement digne d’un roman policier

Son livre « L’Affaire Roundup à la lumière des monsanto papers », vient de paraître — octobre 2020. Séralini retrace les années de son combat au sein d’une guerre juridico-médiatique qui n’a jamais cessé de 2012 à 2021. Et les premières pages de recherche google déversent encore toute la panoplie de l’étude Séralini « invalidée » en 2018 ! Rien avant, rien après, c’est tout ce qu’il y a à retenir. Affaire classée. Dans les faits, la guerre a fait rage. La létalité du roundup et la dangerosité du maïs génétiquement modifié NK603 ont été prouvés. Séralini en est sorti… vivant. Quelle force d’esprit permet de tenir contre vents et marées ?  Car, Séralini se bat ! Il intente 7 procès en diffamation contre des médias et de hauts responsables publics et privés, qu’il gagnera tous. Jusqu’à cette fameuse conférence à Londres…  À SUIVRE